26 mai 2026

Burkina Voix

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Mobilisation citoyenne à Bamako pour sauver le multipartisme au Mali

Le samedi 3 mai, les rues de la capitale malienne ont été le théâtre d’un rassemblement significatif. Plusieurs centaines de citoyens se sont réunis à Bamako pour exprimer leur attachement aux principes démocratiques et s’opposer fermement au projet de dissolution des formations politiques, une menace qui plane sur le paysage institutionnel du pays.

Mali : manifestation à Bamako contre une possible dissolution des partis politiques

Au cœur du Palais de la culture de Bamako, l’ambiance était électrique. Sous l’impulsion d’un regroupement de partis d’opposition, les manifestants ont scandé des slogans tels que « Vive la démocratie, à bas la dictature ! ». Cet acte de contestation publique est d’autant plus remarquable qu’il intervient dans un climat de restriction des libertés sous l’autorité du général Assimi Goïta.

Une opposition frontale face au pouvoir militaire

Les participants, brandissant des drapeaux nationaux et des messages de protestation, ont réclamé l’organisation rapide de scrutins électoraux et le rétablissement des droits fondamentaux. Bien que surveillé étroitement par les forces de l’ordre, l’événement s’est déroulé sans heurts majeurs, trouvant un écho puissant sur les plateformes numériques.

L’étincelle de cette colère remonte au mercredi 30 avril 2025, date à laquelle le régime a abrogé la législation régissant les partis politiques. Pour beaucoup, cette manœuvre constitue le prélude à une interdiction pure et simple de toute activité partisane. Cette décision fait suite à des assises nationales largement boudées par les forces vives de l’opposition malienne.

Vers une présidence prolongée sans élection ?

Les conclusions de ces concertations, contestées pour leur manque de représentativité, suggèrent non seulement l’effacement des partis, mais aussi le maintien du général Assimi Goïta à la tête de l’État pour une durée de cinq ans, renouvelable, sans passer par les urnes. Le sort politique du Mali repose désormais entre les mains de l’homme fort du pays, au pouvoir depuis les événements de 2020 et 2021.

Le défi des libertés publiques au Mali

Cette levée de boucliers est l’une des rares manifestations d’opposition depuis le renforcement du régime militaire. Depuis trois ans, les autorités ont multiplié les mesures restrictives, ciblant les associations civiles, les médias et les figures politiques dissidentes. Pourtant, le multipartisme et la liberté d’expression demeurent inscrits dans la Constitution de 1992, ainsi que dans la Loi fondamentale de 2023.

Sur le plan régional, le Mali a radicalisé sa position en quittant la Cédéao pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Burkina Faso et du Niger, consolidant ainsi un bloc de régimes militaires en Afrique de l’Ouest.