1 juillet 2026

Burkina Voix

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Tension à Obo : les mercenaires russes tirent un missile vers la République démocratique du Congo

La ville d’Obo, située dans la préfecture du Haut-Mbomou, a été le théâtre d’un événement militaire inquiétant la semaine dernière. Des mercenaires russes appartenant au groupe Wagner ont procédé au tir d’un missile sol-sol depuis le territoire centrafricain en direction de la République démocratique du Congo (RDC), déclenchant une vague de panique parmi les populations frontalières.

Obo, Haut-Mbomou : les armes tirés par les mercenaires russes vers la RDC est un missile sol-sol américaines entreposés dans leur ancienne base abandonnée

L’héritage militaire de la base d’Obo

Pour saisir l’origine de cet armement, il faut remonter à l’histoire stratégique d’Obo. Entre 2011 et 2017, cette localité a abrité une base importante dans le cadre de l’opération Observant Compass. Cette mission internationale, dirigée par les forces spéciales des États-Unis, visait à traquer Joseph Kony et les rebelles de la LRA (Armée de résistance du Seigneur) à travers l’Afrique centrale.

À l’époque, des instructeurs militaires américains, notamment des Bérets Verts, utilisaient Obo comme centre névralgique pour coordonner les recherches dans la jungle. Lors de leur retrait définitif en avril 2017, une quantité non négligeable de matériel logistique et d’armement lourd, dont des missiles sol-sol, avait été laissée sur place, sécurisée dans des conteneurs au sein de la base.

De l’occupation par les FACA à l’arrivée de Wagner

Après le départ des troupes américaines, les Forces armées centrafricaines (FACA) ont initialement repris les installations. Cependant, la situation a basculé récemment avec l’arrivée des paramilitaires de Wagner dans le Haut-Mbomou. Ces derniers ont évincé les soldats nationaux pour s’approprier l’ancienne base fortifiée. Une fouille systématique des stocks abandonnés leur a permis de mettre la main sur des équipements technologiques, des panneaux solaires et, surtout, des munitions de gros calibre.

Un tir d’essai qui franchit les frontières

Le jeudi 26 février, en soirée, les mercenaires ont décidé de tester la viabilité de ces découvertes. Le préfet local avait d’ailleurs prévenu que des essais de tir auraient lieu pour trier le matériel fonctionnel de celui devenu obsolète. Sur le terrain de sport de la ville, les hommes de Wagner ont déployé un lanceur et effectué une mise à feu spectaculaire.

Le projectile a traversé le ciel nocturne, survolant successivement les localités de Mboki et de Zemio avant de franchir la frontière internationale. L’engin a finalement terminé sa course en territoire congolais, s’écrasant à environ cinq kilomètres de la bourgade de Zapay, en RDC. Bien qu’aucune perte humaine n’ait été signalée, l’impact a provoqué une vive émotion dans cette zone qui accueille de nombreux réfugiés ayant fui les violences en Centrafrique.

Une démonstration de force inquiétante

Le choix de la trajectoire vers la forêt dense de la RDC semble avoir été calculé pour éviter les zones habitées les plus proches côté centrafricain, comme Bambouti. Néanmoins, cet acte souligne la capacité de nuisance et la liberté d’action totale des mercenaires russes dans la région. À Obo, il est de notoriété publique que seule cette force dispose de l’expertise et de l’accès aux infrastructures nécessaires pour manipuler un tel armement sol-sol.

Pour les habitants de Zapay, ce tir est perçu comme une menace directe, rappelant que même au-delà des frontières, la portée des armes lourdes présentes dans le Haut-Mbomou reste une réalité quotidienne effrayante.