26 mai 2026

Burkina Voix

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La menace terroriste au Sahel s’intensifie : un rapport pointe une situation critique au Burkina Faso, Mali et Niger

Pour la deuxième année consécutive, la région du Sahel s’affirme comme le principal foyer du terrorisme mondial. En 2024, elle a concentré plus de la moitié des décès attribués à cette forme de violence à l’échelle planétaire. Selon les récentes conclusions de l’Indice mondial du terrorisme, élaboré par l’Institut pour l’économie et la paix (Institute for Economics and Peace), sur un total de 7 555 victimes recensées mondialement en 2024, 3 885, soit 51 %, provenaient du Sahel. Cet indice annuel évalue 163 pays en se basant sur des critères tels que le nombre d’attaques, de décès, de blessés et de prises d’otages.

L’étude révèle qu’en 2024, cinq des dix nations les plus impactées par le terrorisme se situaient dans la zone sahélienne. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger demeurent constamment parmi les pays les plus éprouvés depuis 2017. Le rapport souligne un « déplacement géographique de l’épicentre du terrorisme, du Moyen-Orient vers le Sahel » au cours des deux dernières années, marquant une évolution préoccupante des dynamiques sécuritaires mondiales.

Une escalade de la violence extrémiste

Le Burkina Faso conserve sa triste première place pour la deuxième année consécutive, enregistrant 1 532 décès en 2024, malgré une légère baisse par rapport aux 1 935 de 2023. Le Mali est passé de la troisième à la quatrième position mondiale, avec 604 vies perdues en 2024. Quant au Niger, il a connu la hausse la plus spectaculaire du nombre de victimes à l’échelle mondiale. Le rapport indique que « le pays a subi un revirement majeur au cours des deux dernières années, avec une augmentation de 94 % des décès liés au terrorisme, atteignant 930 morts en 2024 ».

L’Indice mondial du terrorisme attribue la majorité des actions violentes dans le Sahel à deux entités djihadistes majeures : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, également connu sous son acronyme arabe JNIM), lié à Al-Qaida, et l’État islamique au Sahel (EIS). Il est à noter que d’autres organisations, comme Acled, qui compile les données sur les victimes des conflits mondiaux, présentent des bilans de décès dus au djihadisme dans la région sahélienne qui pourraient être supérieurs.

Les nations du Mali, du Niger et du Burkina Faso sont actuellement gouvernées par des juntes militaires, suite à des coups d’État survenus entre 2020 et 2023. Ces États sahéliens ont choisi de se désengager de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES). En parallèle, ces trois pays ont opéré un repositionnement géopolitique, s’éloignant de leurs partenaires occidentaux, notamment l’ancienne puissance coloniale française, pour renforcer leurs liens avec la Russie et la Chine.

Ce changement stratégique de partenariats, particulièrement dans le domaine de la sécurité, conjugué au retrait de la Cedeao, a eu des « conséquences significatives, permettant à des groupes comme le JNIM [le GSIM] d’étendre leurs opérations vers les zones côtières de l’Afrique de l’Ouest », alerte le rapport, soulignant les enjeux régionaux de cette nouvelle configuration.