26 mai 2026

Burkina Voix

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Accès aux soins au Mali : une urgence humanitaire continue

L’obtention de traitements médicaux demeure une épreuve complexe pour la population malienne. Depuis le déclenchement de la crise sécuritaire en 2012, l’infrastructure sanitaire, déjà précaire dans la partie septentrionale du pays, s’est considérablement dégradée. De nos jours, de nombreux citoyens, en particulier les femmes enceintes, les nourrissons et les victimes des affrontements, peinent à bénéficier d’un suivi médical adapté.

Une femme et son enfant, déplacés par le conflit dans le centre du Mali

« Je réside à plus de 20 kilomètres de Koro, dans la région de Mopti, ce qui me place très loin de tout établissement de santé. C’est lors d’un passage à Bamako que j’ai pu échanger avec des soignants sur l’importance de l’espacement des naissances. En tant que femme déplacée, je suis convaincue qu’adopter une contraception est essentiel pour éviter des situations imprévues », témoigne Fatouma Bolly, qui bénéficie désormais d’une assistance sur un site de regroupement pour personnes déplacées.

Dans la zone de Mopti, située à proximité de la frontière avec le Burkina Faso, ainsi que dans les secteurs de Gao, Ségou et Tombouctou, l’instabilité permanente et les violences poussent les habitants à l’exil, rendant certaines contrées inaccessibles aux services de l’État.

Garantir une assistance médicale en période de conflit

Les chiffres des Nations Unies indiquent qu’en 2021, plus de 1,7 million de personnes nécessitaient une aide sanitaire urgente au Mali. L’impossibilité de se soigner correctement, couplée aux hostilités, favorise la propagation de maladies mortelles telles que la rougeole, le paludisme ou encore les cas graves de malnutrition.

Pour pallier ces manquements, des organisations internationales comme le CICR ou l’ONG MSF interviennent activement. Elles soutiennent les centres de santé dans les localités de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka, Taoudéni et Kidal. Leurs actions se concentrent sur les soins de base, l’apprentissage des gestes de secours et l’accompagnement psychologique des populations traumatisées.

Toutefois, le centre du Mali concentre aujourd’hui l’essentiel des tensions. Malgré les efforts déployés, l’intensification de l’aide humanitaire est impérative pour répondre à l’ampleur des besoins et protéger les civils face à la persistance des violences.