1 juillet 2026

Burkina Voix

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Vers une fin définitive du travail des enfants au Maroc : les propositions du CESE

L’ambition du Maroc pour supprimer totalement le travail des mineurs

Bien que le Maroc ait accompli des avancées majeures ces vingt dernières années, la problématique du travail des enfants demeure un défi de taille. Le nombre de mineurs en activité a certes chuté de plus de 80 % depuis 1999, mais le phénomène persiste dans les circuits informels. À Rabat, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a dévoilé une série de mesures concrètes pour mettre fin définitivement à cette situation.

Lors de l’exposition du rapport intitulé « Pour une politique publique effective d’éradication du travail des enfants au Maroc », Abdelkader Amara, président du CESE, a souligné un paradoxe. Si les chiffres officiels montrent une baisse spectaculaire — passant de 517 000 jeunes travailleurs en 1999 à environ 101 000 en 2024 — une large majorité de citoyens (78 %) estime que cette pratique reste très ancrée dans le quotidien national.

Des progrès législatifs et des réalités persistantes

Le Royaume a déjà instauré des barrières légales, notamment l’interdiction de travailler avant 15 ans et la limitation des tâches risquées pour les 16-18 ans. Toutefois, le CESE insiste sur le fait que ces efforts, bien que louables, ne suffisent pas encore à atteindre l’objectif de « zéro enfant au travail ».

L’institution pointe du doigt des racines profondes : la précarité socio-économique des familles et le poids de l’économie informelle. Pour Abdelkader Amara, la place d’un enfant est prioritairement à l’école. Le travail précoce nuit gravement à l’épanouissement physique et psychologique, tout en creusant les fossés sociaux au sein de la population.

Les recommandations clés pour un changement durable

Les témoignages citoyens recueillis par le CESE révèlent des visages inquiétants de cette réalité :

  • Activités dans l’espace public comme le commerce ambulant ou le lavage de voitures.
  • Situations critiques telles que la mendicité forcée ou l’exploitation.
  • Près de 60 % des mineurs actifs sont exposés à des tâches jugées dangereuses.

Face à ce constat, le CESE préconise des réformes législatives urgentes. Parmi elles, l’alignement de l’âge minimum d’accès à l’emploi sur celui de la fin de la scolarité obligatoire, soit 16 ans. Une révision globale du Code du travail et une mise à jour des décrets sur les métiers interdits aux mineurs sont également jugées indispensables.

Enfin, une synergie renforcée avec l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), placé sous la présidence de la Princesse Lalla Meryem, doit permettre d’intensifier les actions de protection sur le terrain. Cette mobilisation vise à aligner la réalité sociale avec les ambitions de développement du Maroc.