Yaoundé n’a plus rien à voir avec la petite cité que j’ai connue il y a quelques décennies. Aujourd’hui, cette ancienne bourgade s’est muée en une agglomération dynamique, où gratte-ciels et infrastructures modernes redessinent le paysage. Mbarga Obama, centenaire au sourire radieux, se souvient encore des collines qui dominaient autrefois la ville. Je suis fier de voir cette évolution, même si elle bouscule un peu les repères de mon enfance, confie-t-il.
Autrefois cantonnée autour du plateau Atemengué, la ville s’étendait à peine vers Mokolo ou Nlong-Kak. Le reste du territoire ? Des terres semi-rurales, des champs et des villages indépendants. On se croirait dans un autre monde aujourd’hui, ajoute-t-il.
Chaque année, des milliers de Camerounais font le choix de s’installer dans la capitale politique, poussant les limites administratives de la ville toujours plus loin. Les quartiers périphériques, autrefois isolés, sont désormais intégrés au tissu urbain. Une croissance démographique qui interroge : comment aménager une métropole en pleine expansion ?
Blaise Feugang, spécialiste en urbanisme et représentant du ministère de l’Habitat dans la région du Nyong et So’o, a une réponse claire : Yaoundé doit tourner le dos à l’étalement horizontal pour embrasser la verticalité. Pourquoi ? Parce que construire en hauteur permet d’optimiser les coûts des infrastructures tout en embellissant le cadre de vie. Des immeubles élégants et fonctionnels pourraient redonner à la ville son éclat, estime-t-il.
Les experts s’accordent sur un point : pour rivaliser avec les grandes capitales mondiales, le Cameroun doit repenser l’aménagement de Yaoundé. Certains prônent même le déplacement pur et simple de la capitale vers une zone mieux adaptée aux standards internationaux. Une option radicale, mais qui pourrait résoudre bien des défis liés à l’urbanisation anarchique.
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