25 août 2026

Burkina Voix

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Vbg : une cartographie pour mieux orienter les victimes à N’Djamena

L’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT) tient, les 12 et 13 août 2026 à N’Djamena, un atelier visant à valider une étude inédite sur la cartographie des services d’accompagnement juridique et psychosocial pour les victimes de violences basées sur le genre (VBG). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet WISH 2-WACA et a pour objectif d’optimiser l’orientation des victimes ainsi que la coordination entre les acteurs impliqués dans leur prise en charge.

Durant ces deux jours, les participants — issus de ministères, d’organisations de la société civile, de partenaires techniques et financiers ou encore de structures spécialisées — sont conviés à analyser et compléter les conclusions de cette cartographie. L’enjeu est de taille : transformer un simple document en un outil stratégique d’orientation, de collaboration et d’influence auprès des décideurs publics.

Un outil essentiel pour briser les silos et accélérer l’accès aux soins

À l’ouverture des travaux, Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, a insisté sur le rôle clé de cette cartographie. Selon elle, il ne s’agit pas seulement d’un recueil d’informations, mais d’un levier permettant aux victimes de violences — femmes et filles en majorité — d’identifier rapidement les services adaptés à leurs besoins et de bénéficier d’une prise en charge globale. « Chaque heure compte lorsqu’une personne est en détresse : elle doit savoir où frapper à la bonne porte », a-t-elle souligné.

L’étude révèle des lacunes majeures dans l’offre de services : couverture inégale des dispositifs, manque d’information pour les victimes, mécanismes de référencement défaillants et ressources limitées. Ces constats doivent servir de base pour formuler des recommandations concrètes, renforcer les structures existantes, fluidifier les parcours d’orientation et mobiliser des financements supplémentaires.

Santé publique : des avancées réelles, mais des défis persistants

La directrice de la santé de la reproduction, le Dr Kadidja Amadaye Abgrene, a rappelé que les VBG représentent une violation grave des droits humains et une menace pour la santé publique. Les pouvoirs publics tchadiens ont engagé des mesures, comme l’adoption de cadres juridiques renforcés et la création de centres multisectoriels intégrés. Pourtant, des obstacles majeurs subsistent, notamment dans l’accompagnement juridique.

Les données officielles sont alarmantes : moins de 11 % des victimes identifiées reçoivent un soutien juridique effectif. Parmi les freins identifiés figurent la prédominance des règlements à l’amiable, un manque criant d’information pour les victimes et des systèmes de référencement peu coordonnés. La cartographie met également en lumière une disparité géographique dans l’accès aux services, un déficit d’espaces confidentiels pour l’accueil des victimes et des besoins criants en personnel et en matériel spécialisé.

Pour le Dr Kadidja Amadaye Abgrene, les résultats de cette étude doivent désormais inspirer des actions prioritaires : améliorer l’orientation des victimes, faciliter les échanges entre secteurs et éclairer les politiques publiques pour une prise en charge plus efficace et équitable.