Un centre régional dédié à la lutte contre le blanchiment de capitaux est lancé à Abidjan
Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a officiellement inauguré ce mercredi un espace entièrement rénové pour le Centre d’Information du GIABA à Cocody. Cette cérémonie marque une avancée majeure dans la stratégie régionale de prévention et de répression des flux financiers illicites.
Ce projet s’inscrit dans le cadre des engagements pris par la Côte d’Ivoire auprès du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique (GIABA), conformément à l’Accord de Siège signé en 2014. Les nouveaux locaux, mis à disposition par l’État ivoirien, renforcent les capacités opérationnelles d’une structure créée en 2010 par la CEDEAO pour soutenir les pays francophones et lusophones de la région.
Une initiative née des décisions historiques de la CEDEAO
L’idée d’un Centre d’Information du GIABA à Abidjan remonte à novembre 2010, lorsque les ministres de la CEDEAO ont acté sa création lors de leur 65ᵉ session à Abuja. Deux pôles ont alors été prévus : Lagos pour les pays anglophones, Abidjan pour les États francophones et lusophones. Après plusieurs années de préparation, le centre a ouvert ses portes en septembre 2015, consolidant ainsi la coopération régionale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux (LBC) et le financement du terrorisme (FT).
Un levier stratégique pour la coopération régionale
Lors de son discours, Adama Coulibaly a souligné l’urgence d’une réponse collective face à l’évolution des méthodes de criminalité financière. Les circuits de blanchiment et de financement illicite gagnent en complexité, rendant indispensable une mutualisation des efforts entre les États. Selon lui, ce centre doit incarner une plateforme incontournable pour la sensibilisation, le renforcement des capacités et l’échange d’informations entre les acteurs ouest-africains.
Le ministre a également insisté sur le rôle de l’infrastructure pour la recherche, la documentation et la communication, en vue de professionnaliser les acteurs locaux et régionaux impliqués dans la lutte contre ces phénomènes.
Le GIABA mise sur l’innovation pour former les acteurs clés
Edwin W. Harris Jr., Directeur général du GIABA, a rappelé les réalisations du centre depuis son ouverture en 2015. Entre journée portes ouvertes, conférences publiques, concours d’art oratoire et séminaires de formation, le site est devenu un espace de dialogue et de sensibilisation pour les jeunes, les médias, les leaders religieux et la société civile.
Avec ses nouveaux locaux, le centre franchit une nouvelle étape. Doté d’un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT), il propose désormais des modules spécialisés adaptés aux besoins des autorités, des institutions financières, des magistrats et des étudiants. Ces formations, sanctionnées par des certificats, visent à professionnaliser davantage les acteurs de la LBC/FT en Afrique de l’Ouest.
Le Directeur général a appelé l’ensemble des parties prenantes – administrations publiques, universités, médias et partenaires techniques – à s’approprier cet espace pour en faire un carrefour du savoir et de l’innovation au service de la bonne gouvernance et du développement économique régional.
Un héritage pour la lutte contre la criminalité financière
Cette inauguration prend une dimension symbolique particulière, à quelques jours de la fin du mandat d’Edwin W. Harris Jr. à la tête du GIABA. Les nouveaux locaux représentent un investissement durable pour pérenniser le partage d’informations, le renforcement des compétences et la coopération entre les États membres de la CEDEAO.
En ciblant particulièrement les jeunes, les chercheurs et les professionnels, le centre entend ancrer une culture de l’intégrité et de la transparence, essentielle pour le développement de l’Afrique de l’Ouest.
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