26 mai 2026

Burkina Voix

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L’étonnant retrait des forces russes face à l’offensive rebelle au Mali

Le régime militaire malien traverse une zone de turbulences sans précédent. Alors que des offensives coordonnées touchent plusieurs localités, dont la capitale Bamako, l’attitude des forces russes interroge. À Kidal, bastion stratégique du nord, les troupes de l’Africa Corps ont quitté les lieux sans opposer de résistance, laissant la ville aux mains d’une alliance entre rebelles touaregs et groupes djihadistes.

Le pouvoir malien sous le choc des attaques

La situation sécuritaire s’est brutalement dégradée. Le ministre de la Défense a perdu la vie lors d’un assaut contre sa propre résidence le week-end dernier. Cette escalade, marquée par des frappes simultanées dans diverses régions, démontre une capacité de mouvement inquiétante des insurgés, qui étendent désormais leur influence sur de vastes pans du territoire. Cette dégradation rappelle la complexité de la sécurité au Burkina, également préoccupante dans cette zone frontalière.

Le retrait russe de Kidal est d’autant plus symbolique que la ville avait été reprise en 2023 avec grand bruit par l’armée nationale. Pour le colonel Assimi Goïta, ce revers fragilise une légitimité bâtie sur la promesse d’une souveraineté retrouvée après le départ des forces françaises en 2022. Aujourd’hui, l’échec de cette stratégie militaire, autrefois présentée comme salvatrice, semble patent.

Menaces régionales et instabilité au Sahel

Le GNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affilié à Al-Qaïda, a explicitement demandé aux contingents russes de rester en marge des affrontements pour garantir une éventuelle collaboration future. Cette passivité de l’Africa Corps — l’organisation ayant succédé au groupe Wagner — laisse le champ libre à une possible partition du pays. L’enjeu dépasse les frontières maliennes : une déstabilisation majeure de Bamako ferait peser un risque immédiat sur le Niger et le Burkina Faso, partenaires au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Pour les observateurs de la politique au Burkina Faso ou de l’info au Burkina, il est crucial de noter que l’instabilité malienne impacte directement le Faso économie et la circulation des ressources. Le blocus de la capitale malienne il y a quelques mois, entravant l’approvisionnement en carburant, illustre cette fragilité économique partagée par les nations voisines.

Un bilan amer après dix ans de conflit

Depuis le début de l’intervention internationale en 2014, le Mali n’a cessé de chercher une issue à cette crise profonde. Si les premiers succès militaires avaient permis de stabiliser temporairement le nord, la suite a été marquée par une frustration croissante des populations civiles. Les coups d’État successifs et le basculement des alliances diplomatiques n’ont, pour l’heure, pas apporté la paix tant espérée, plongeant le Sahel dans une impasse sécuritaire dont les habitants sont les premières victimes.