1 août 2026

Burkina Voix

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Le Niger frappé : une dizaine de soldats tués dans une attaque de Boko Haram

International

L’insurrection de Boko Haram a fait plusieurs milliers de morts dans le nord-est du Nigeria. Les violences se sont étendues au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins (image d’illustration).

Près de N’Guigmi, dans le sud-est du Niger, une attaque perpétrée par le groupe djihadiste Boko Haram a coûté la vie à une dizaine de soldats nigériens vendredi. Des pertes ont également été signalées parmi les assaillants.

La localité de N’Guigmi, une ville garnison cruciale au sein de la région de Diffa, se situe dans le sud-est du pays, à proximité du vaste lac Tchad. Cette zone humide, partagée entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, est devenue un foyer d’activités djihadistes depuis 2009, servant de refuge aux combattants de Boko Haram et de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).

Des sources locales, ayant requis l’anonymat pour leur sécurité, ont confirmé qu’environ dix soldats ont péri lors de cette offensive de Boko Haram vendredi matin, aux abords de N’Guigmi. Elles ont précisé que des pertes avaient été infligées aux assaillants et que les forces armées nigériennes menaient actuellement des opérations de ratissage intensives dans la zone.

Des sacrifices pour la patrie

Sur les réseaux sociaux, des habitants de N’Guigmi ont également rapporté l’attaque, indiquant un bilan de dix militaires et quatre agents de la garde nationale parmi les victimes.

L’Agence nigérienne de presse (ANP) a corroboré les faits, sans avancer de chiffres précis, confirmant que des vies avaient été perdues « à la suite d’une attaque des éléments de la secte Boko Haram » aux alentours de N’Guigmi.

Peu après l’assaut, le général Mahamadou Ibrahim Bagadoma, gouverneur de la région de Diffa, s’est rendu à N’Guigmi pour assister à l’inhumation des « éléments des Forces de défense et de sécurité tombés les armes à la main pour la défense de la patrie », selon les informations de l’ANP.

Un conflit aux lourdes conséquences

L’insurrection djihadiste a provoqué des milliers de décès et le déplacement de millions d’individus, particulièrement dans le nord-est du Nigeria. Ces violences se sont propagées aux nations limitrophes comme le Niger, le Tchad et le Cameroun, entraînant la réactivation de leur « force multinationale mixte », initialement établie en 1994.

En réaction aux assauts dévastateurs de Boko Haram contre ses troupes, le Tchad avait lancé des opérations aériennes et terrestres mi-mai, ciblant des bastions du groupe terroriste sur des îles isolées du lac. Ces actions avaient bénéficié du soutien des forces nigérianes et nigériennes.

Parallèlement, le Niger fait face à une recrudescence des violences dans sa région occidentale, où des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État Islamique sévissent. Depuis juillet 2023, le pays est sous la direction d’un régime militaire qui s’efforce de contenir cette spirale de violence.