26 mai 2026

Burkina Voix

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Vague de violence au Burkina Faso : le silence du gouvernement face aux attaques répétées

RUSSIA, MOSCOW - MAY 9, 2025: Burkina Faso's President Ibrahim Traore attends a ceremony to lay flowers at the Tomb of the Unknown Soldier by the Kremlin Wall in Alexander Garden on Victory Day to mark the 80th anniversary of the victory over Nazi Germany in World War II (Credit Image: © Sofya Sandurskaya/TASS via ZUMA Press)

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une organisation affiliée à Al Qaïda, a intensifié ses offensives meurtrières dans l’est du Burkina Faso depuis le début de l’année. En l’espace de dix jours, des centaines de victimes ont été recensées, touchant durement les forces de sécurité nationales. Face à cette escalade, le gouvernement burkinabè demeure remarquablement silencieux.

Aucune déclaration officielle n’a été faite, que ce soit dans les médias nationaux ou par les porte-paroles des forces de défense et de sécurité (FDS). Le mutisme du gouvernement, présidé par le capitaine Ibrahim Traoré, qui a pris la tête du pays, contraste fortement avec le discours officiel. Les autorités mettent en avant une prétendue reconquête du territoire et une maîtrise de la situation sécuritaire, arguments qui avaient justifié le coup d’État de septembre 2022.

Le 6 mars, une nouvelle attaque sanglante a ciblé un camp du groupement des unités mobiles d’intervention de la police à Yamba, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Fada N’Gourma, capitale de la province du Gourma. Cet assaut est vraisemblablement l’œuvre du GSIM (connu sous l’acronyme arabe JNIM).

Un bilan humain particulièrement lourd

D’après des informations non officielles relayées par une source sécuritaire locale à RFI, le bilan s’élèverait à « plusieurs dizaines de morts », incluant au moins trente policiers. Des témoignages décrivent une attaque menée par des dizaines de combattants à moto, qui ont dévasté le camp et dérobé du matériel. Les renforts, appelés en urgence, ne sont pas arrivés à temps. Ce même camp avait déjà été la cible d’une offensive similaire il y a presque un an.

Cette attaque s’inscrit dans une série d’événements tragiques survenus durant un mois de février particulièrement violent. Le média West Africa Maps, qui s’appuie sur un réseau d’informateurs en Afrique de l’Ouest, a dénombré 38 attaques perpétrées par le JNIM au cours de ce seul mois. À cela s’ajoutent trois autres offensives attribuées à l’État islamique au grand Sahara (EIGS), actif dans le nord-est, près des frontières avec le Niger et le Mali. Ces régions sont stratégiques en raison de leurs nombreuses mines d’or et des axes commerciaux et de contrebande qui les traversent.

La journée du 14 février a été la plus meurtrière de l’année. Deux raids simultanés ont frappé une base des Unités combattantes des eaux et forêts et la caserne militaire de Titao, dans le nord du Burkina Faso. Le bilan est terrible : 101 gardes forestiers et 186 Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) ont perdu la vie. Selon Héni Nsaibia, analyste pour l’ONG Acled, ces opérations témoignent d’« un haut degré de coordination, compte tenu du nombre d’attaques d’envergure survenues entre le 12 et le 22 février ».

Les VDP, une milice de soutien à l’armée mise en place par les autorités, sont les principales victimes des assauts du JNIM. Le 3 mars, le groupe djihadiste a revendiqué la mort de 11 membres des VDP et la saisie d’armes et d’équipements lors d’opérations contre trois positions à Gourbousou, Yabousgo et Zogoré.

Le pouvoir militaire d’Ibrahim Traoré semble dépassé par ce défi sécuritaire majeur. L’actualité au Burkina Faso est également marquée par des accusations graves contre les VDP, qui se livreraient à des exactions contre la minorité peule, souvent suspectée de collusion avec les groupes armés. Le 1er mars, plusieurs civils peuls auraient été massacrés par des VDP dans la commune de Bittou.