Paris (France), 09/11/2021.- President of Benin Patrice Talon makes a statement with French President Emmanuel Macron (not pictured) following their meeting at the Elysee Palace in Paris, France, 09 November 2021. Both meet to sign an agreement on the return of 26 works of art to the former French colony, according to the French president's Elysee office. (Francia) EFE/EPA/YOAN VALAT (MaxPPP TagID: efespfourteen700595.jpg) [Photo via MaxPPP]
Le dimanche 7 décembre au matin, une tentative de renversement du pouvoir a secoué le Bénin. Un groupe de militaires est intervenu sur les ondes de la télévision nationale pour proclamer la destitution du président Patrice Talon. Toutefois, les autorités ont rapidement réagi en affirmant que le chef de l’État était hors de danger et que les forces régulières reprenaient la main sur la situation.
Cet événement survient alors que le Bénin, pays d’Afrique de l’Ouest reconnu pour sa solidité économique mais confronté à des incursions djihadistes dans ses régions septentrionales, se prépare à une transition politique. Patrice Talon devait initialement céder son poste lors du scrutin présidentiel prévu en avril prochain. Cette instabilité s’inscrit dans un contexte régional marqué par une vague de putschs ayant touché le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée et, plus récemment, la Guinée-Bissau.
L’annonce initiale a été faite par une faction se présentant sous le nom de « Comité militaire pour la refondation » (CMR). Après leur déclaration sur la chaîne publique, le signal de cette dernière a été interrompu. Des sources proches de la présidence ont minimisé l’ampleur de l’action, décrivant les mutins comme un groupe restreint n’ayant pris le contrôle que des moyens de communication.
À Cotonou, l’ambassade de France a fait état de tirs signalés aux abords de la résidence présidentielle. Par mesure de précaution, les ressortissants français ont été invités à rester confinés. Parallèlement, des sources militaires ont confirmé que l’armée régulière sécurisait les points stratégiques, précisant qu’aucun bâtiment officiel majeur, comme le palais de la présidence, n’était tombé entre les mains des putschistes.
Des zones stratégiques bouclées dans la capitale économique
Bien que le calme semble prévaloir dans une grande partie de Cotonou, notamment à l’aéroport où l’activité se poursuit normalement, certains secteurs sensibles ont été verrouillés. L’accès au siège de la télévision nationale, à la présidence de la République ainsi qu’à certains quartiers abritant des institutions internationales et de grands complexes hôteliers comme le Sofitel a été interdit par un déploiement militaire.
Le parcours politique de Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, est aujourd’hui au centre des débats. Alors qu’il achève son second mandat — la limite constitutionnelle — le président est loué pour ses réformes économiques mais critiqué pour un durcissement du régime. L’opposition dénonce régulièrement un recul démocratique, alors que le paysage politique se prépare pour les échéances de 2026 sans la participation des principaux partis contestataires.
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