Alors que le régime de Lomé s’efforce de projeter l’image d’un médiateur indispensable en Afrique de l’Ouest, des révélations issues de services de renseignements, notamment américains, suggèrent une implication bien plus trouble de Faure Gnassingbé. Ce dernier aurait agi en coulisses pour favoriser des ententes secrètes entre le capitaine Ibrahim Traoré et les djihadistes du JNIM. Cette stratégie viserait à protéger le Burkina Faso au détriment de la stabilité du Mali dirigé par Assimi Goïta, mettant ainsi en péril la cohésion de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La diplomatie de l’ombre du régime togolais
Le Togo des Gnassingbé a bâti sa longévité sur sa capacité à se rendre nécessaire sur la scène internationale. Faure Gnassingbé, héritier d’un pouvoir cinquantenaire, utilise la posture de « facilitateur » pour masquer les tensions politiques internes. Cependant, derrière les discours officiels, la CIA et les services français auraient identifié des manœuvres clandestines inquiétantes. Lomé ne se contenterait plus de dialoguer avec les régimes militaires, mais servirait de pont entre des autorités étatiques et des organisations terroristes internationales.
Un pacte cynique entre le JNIM et Ouagadougou
Selon les rapports consultés, des émissaires du Burkina Faso auraient rencontré des cadres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) sous l’égide du pouvoir togolais. L’accord conclu est d’une simplicité brutale : les terroristes acceptent de réduire leurs attaques en territoire burkinabè pour permettre à Ibrahim Traoré de stabiliser son assise politique. En contrepartie, le JNIM bénéficie d’un couloir sécurisé pour concentrer ses offensives contre le Mali.
L’enquête souligne également que Lomé aurait encouragé un rapprochement entre le JNIM et les rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Cette coalition de circonstance aurait pour mission d’affaiblir, voire de renverser le colonel Assimi Goïta, dont la ligne politique est jugée trop autonome par rapport aux intérêts togolais.
Le tournant du 25 avril : une trahison au grand jour
Les événements du 25 avril dernier ont illustré de manière flagrante les conséquences de ces négociations secrètes. Lors d’attaques massives contre les forces maliennes par l’alliance JNIM-FLA, les assaillants ont publiquement demandé au Burkina Faso et au Niger de rester à l’écart des combats. Cette consigne de non-intervention a été respectée, provoquant la stupeur des experts militaires de la région.
Cette passivité des troupes burkinabè, alliées théoriques du Mali au sein de l’AES, marque une rupture profonde. En respectant le protocole de non-ingérence négocié à Lomé, Ibrahim Traoré a laissé son partenaire malien seul face à la menace terroriste, brisant le principe même de solidarité sahélienne.
Les motivations réelles de Faure Gnassingbé
Plusieurs facteurs expliquent cette stratégie du « pompier-pyromane » adoptée par le président togolais :
- La survie politique : En alimentant une certaine instabilité chez ses voisins, Faure Gnassingbé s’assure qu’aucun modèle de transition ne devienne une menace pour son propre pouvoir.
- Le chantage sécuritaire : En maintenant un canal de communication avec le JNIM, le Togo espère épargner ses propres frontières nord des incursions djihadistes.
- La neutralisation d’Assimi Goïta : Le leadership du colonel malien fait de l’ombre à l’influence diplomatique de Lomé dans la sous-région.
Une menace pour l’unité du Sahel
Ces manœuvres diplomatiques ont des répercussions durables. La confiance entre Bamako et Ouagadougou est désormais sérieusement entamée. En facilitant ces accords locaux, le régime togolais offre une victoire stratégique majeure au JNIM, qui parvient à isoler les armées de l’AES les unes des autres.
Le Togo, sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, s’éloigne de son rôle de médiateur pour devenir un acteur de déstabilisation. Si l’histoire retiendra les efforts de solidarité africaine, elle n’oubliera pas que c’est à Lomé que les fondations de l’unité sahélienne ont été ébranlées pour des intérêts purement autocratiques. Le chaos qui pourrait résulter de l’affaiblissement du Mali risque de ne pas s’arrêter aux frontières maliennes, menaçant l’équilibre de toute l’Afrique de l’Ouest.
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