10 mai 2026

Tentative de coup d’État au Bénin : la présidence affirme garder la main

La stabilité politique du Bénin a vacillé ce dimanche matin. Un groupe de militaires, se présentant comme le « Comité militaire pour la refondation » (CMR), a fait irruption sur les écrans de la télévision nationale pour annoncer la destitution du président Patrice Talon. Cependant, les autorités ont rapidement réagi pour assurer que l’ordre était en train d’être rétabli.

<p>Le président béninois Patrice Talon, à Paris le 9 novembre 2021</p>

Confusion à Cotonou et réaction de l’armée

Peu après la déclaration des mutins, le signal de la télévision publique a été coupé. Dans le quartier de la présidence à Cotonou, des coups de feu ont été signalés, poussant l’ambassade de France à inviter ses ressortissants à la plus grande prudence. Malgré cette agitation, l’entourage de Patrice Talon a affirmé que le chef de l’État était en sécurité et que les forces régulières reprenaient le contrôle de la situation.

Des sources militaires ont confirmé que ni la résidence présidentielle ni le palais n’étaient tombés aux mains des assaillants. « C’est une question de temps pour que tout rentre dans l’ordre », a précisé une source sécuritaire, évoquant une opération de « nettoyage » en cours contre ce groupuscule.

Un contexte régional et national sous pression

Cette tentative de renversement intervient alors que le Bénin se prépare pour l’élection présidentielle d’avril prochain. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, doit normalement céder sa place en 2026, au terme de ses deux mandats constitutionnels. Si le pays affiche une croissance économique robuste, il fait face à une menace sécuritaire persistante liée aux groupes jihadistes dans le nord.

Le Bénin n’est pas un cas isolé dans la région. L’Afrique de l’Ouest a été secouée par une vague de coups d’État ces dernières années, touchant le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Guinée. Bien que le régime de Patrice Talon soit salué pour ses réformes économiques, il est également critiqué par une partie de l’opposition qui dénonce une dérive autoritaire et l’exclusion des principales figures contestataires de la scène politique.