La tension est montée brusquement ce dimanche matin à Cotonou, le cœur économique du Bénin. Une tentative de coup d’État a visé le pouvoir en place, marquée par des annonces militaires à la télévision nationale et des tirs dans la ville. Toutefois, les autorités béninoises ont rapidement affirmé que la situation était sous contrôle et que l’action des mutins avait échoué.
Déroulement de l’insurrection militaire
Le calme dominical a été rompu par l’apparition sur les écrans de la télévision publique de huit militaires armés. Se réclamant d’un groupe nommé le Comité militaire pour la refondation (CMR), ces hommes ont déclaré la destitution du président Patrice Talon. Sous la direction d’un lieutenant-colonel désigné comme nouveau chef, ils ont justifié leur acte par plusieurs griefs : l’insécurité croissante dans le nord du Bénin, le manque de soutien aux familles des soldats tombés au combat et des irrégularités dans l’avancement des carrières au sein de l’armée.
Parallèlement à cette déclaration, des mouvements de troupes ont été observés dans Cotonou. Des accès stratégiques menant au palais présidentiel, au siège de la télévision nationale ainsi qu’à certains quartiers diplomatiques et hôteliers, comme le secteur du Sofitel, ont été temporairement bouclés. Malgré ces perturbations localisées, une grande partie de la population a continué ses activités habituelles.
La riposte du gouvernement béninois
La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur, est intervenu pour rassurer la nation, affirmant que les forces armées étaient restées loyales aux institutions républicaines. Selon lui, cette tentative n’était l’œuvre que d’un « groupuscule » dont l’action a été neutralisée. Les forces régulières ont repris le contrôle total des points sensibles de la capitale.
Le bilan provisoire fait état de l’arrestation d’une douzaine de militaires, incluant les têtes pensantes de ce projet de putsch. Le palais présidentiel et la résidence du chef de l’État n’auraient jamais été investis par les mutins.
Le profil de Patrice Talon et les enjeux politiques
Au pouvoir depuis 2016, Patrice Talon achève actuellement son second mandat. Bien que la Constitution lui interdise de se représenter en 2026, son exercice du pouvoir est contrasté. S’il est crédité d’une gestion économique performante, il fait face à des critiques concernant un durcissement autoritaire et l’exclusion de certaines franges de l’opposition. Le pays doit également composer avec la menace djihadiste persistante à ses frontières septentrionales.
Condamnations de la communauté internationale
L’annonce de cette instabilité au Bénin a provoqué une vive réaction des organisations régionales. La CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a fermement condamné cette tentative de renversement, la qualifiant d’acte anticonstitutionnel. De son côté, l’Union africaine (UA), par la voix de Mahamoud Ali Youssouf, a exigé l’arrêt immédiat des actions illégales et le retour des militaires dans leurs casernes.
Un contexte régional instable
Le Bénin n’est pas étranger aux soubresauts politiques, ayant déjà connu des tentatives de déstabilisation en 2020 et en septembre 2024. Cette nouvelle crise s’inscrit dans une tendance inquiétante en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays voisins comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou encore la Guinée ont subi des changements de régime par la force ces dernières années.
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