Témoignage choc de l’inspecteur nigérien : comment Pascal Tigri aurait-il trouvé refuge au Niger ?
Un témoignage médiatique qui fait basculer l’enquête sur Pascal Tigri
La diffusion d’une déclaration choc de l’inspecteur nigérien Habibou Oumarou Mamane, surnommé « Le Rebelle », sur les écrans de la Radio Télévision du Niger (RTN), marque un tournant décisif dans l’affaire Pascal Tigri. Ce dernier, suspecté d’être le cerveau de la tentative de renversement qui a ébranlé le Bénin en décembre 2025, serait-il désormais abrité au Niger ? Le témoignage de l’officier, chargé de retrouver sa trace, ouvre des pistes troublantes et relance une enquête régionale en suspens.
Des détails précis, mais des zones d’ombre persistantes
Dans son intervention télévisée, Habibou Oumarou Mamane révèle avoir été approché dès février 2026 pour localiser Pascal Tigri. Il évoque des échanges avec des intermédiaires se réclamant de services béninois, des promesses financières et même le versement de deux millions de francs CFA le 9 mars 2026 à Niamey. Parmi les noms cités, on retrouve Moumouni, Zakou, un certain « David », ainsi que l’officier béninois Ilou. Des rencontres à Malanville et des projets d’avantages (passeports diplomatiques, postes à responsabilité) sont également mentionnés.
Ces révélations, bien que détaillées, laissent plusieurs questions en suspens. Aucune preuve tangible ne confirme l’authenticité des échanges, l’identité réelle des acteurs cités ou l’origine officielle des instructions évoquées. Les sommes d’argent mentionnées, les rôles attribués et les circonstances des rencontres restent à éclaircir.
Exfiltration ou simple recherche ? La nuance qui change tout
Un élément clé du témoignage réside dans l’emploi du terme « exfiltration ». Pourtant, rien n’indique que cette opération ait été organisée ou même envisagée par les autorités béninoises. La localisation d’un fugitif en territoire étranger ne constitue pas, en soi, une tentative d’exfiltration. Les démarches judiciaires, la coopération policière ou une demande d’extradition relèvent de procédures distinctes, encadrées par le droit international.
Si la présence de Pascal Tigri au Niger était avérée, des mécanismes officiels pourraient être activés. Cependant, à ce stade, les allégations reposent sur des déclarations non vérifiées, et non sur des éléments concrets.
Une médiatisation controversée : entre communication et enquête
Le choix de diffuser ce témoignage sur une chaîne publique nigérienne interroge. Une telle exposition médiatique peut servir à sensibiliser l’opinion publique ou à répondre à des rumeurs, mais elle ne remplace pas une enquête approfondie. En l’absence de preuves matérielles, les déclarations risquent d’alimenter les spéculations et de complexifier les relations entre Niamey et Cotonou, déjà fragilisées par cette affaire.
Les objectifs derrière cette diffusion restent flous : s’agit-il de mettre en lumière des pistes utiles à l’enquête, de démentir des accusations passées ou de transmettre un message politique ? Sans éléments tangibles, aucune hypothèse ne peut être validée.
Coopération régionale : l’enjeu d’une affaire transfrontalière
L’affaire Pascal Tigri dépasse désormais le cadre d’une simple recherche policière pour devenir un test de la coopération entre le Bénin et le Niger. Si des preuves étaient établies concernant sa présence au Niger, les deux pays devraient mobiliser leurs canaux judiciaires et diplomatiques pour résoudre cette crise.
Les accusations portées par Habibou Oumarou Mamane appellent à une clarification urgente : identités des intermédiaires, montants des transactions, contexte des rencontres et instructions officielles doivent être examinés. Dans une affaire aussi sensible, la crédibilité des révélations dépendra moins de leur mise en scène que des preuves concrètes produites.
Pour l’heure, le témoignage de l’inspecteur nigérien relance la piste du Niger, mais ne suffit pas à trancher l’énigme. La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes, qui devront trancher entre les allégations et les faits avérés.