Le Bénin opère une mutation sans précédent : 99e mondial et 11e africain dans l’indice 2026 de la liberté économique

Le Bénin opère une mutation sans précédent : 99e mondial et 11e africain dans l’indice 2026 de la liberté économique
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Le Bénin vient de marquer un tournant historique en intégrant pour la première fois le top 100 mondial de l’indice de la liberté économique 2026, publié par l’Institut Fraser. Avec une 11e place africaine et un 99e rang mondial, le pays confirme sa rupture stratégique avec les pratiques du passé, s’affirmant désormais comme une destination phare pour les investisseurs et les entrepreneurs.

Une méthodologie exigeante au service de la transparence économique

L’évaluation repose sur 46 indicateurs clés, répartis en cinq axes majeurs, qui mesurent la capacité des citoyens et des entreprises à exercer leurs choix économiques sans contraintes abusives. Ces critères couvrent :

  • L’intervention étatique : niveau des dépenses publiques, pression fiscale et transferts sociaux.
  • Le cadre juridique et la propriété : indépendance de la justice, équité des tribunaux et sécurité des droits de propriété.
  • La santé monétaire : contrôle de l’inflation, stabilité de la masse monétaire et liberté des transactions.
  • L’ouverture commerciale : tarifs douaniers, barrières non tarifaires et fluidité des échanges internationaux.
  • La réglementation économique : flexibilité du marché du travail, rapidité des créations d’entreprises et encadrement du crédit.

Note : Les données analysées pour l’édition 2026 proviennent de l’année 2024, garantissant une comparaison homogène entre les 165 pays étudiés.

Le Bénin se distingue dans un classement africain très sélectif

Sur le continent, la compétition reste féroce, mais le Bénin se rapproche désormais des 10 premières places africaines, dominées par des économies insulaires et ouvertes. L’île Maurice conserve sa position de leader continental (9e mondial), suivie par les Seychelles (35e) et le Cap-Vert (42e).

Parmi les pays de la sous-région, le Maroc (10e africain, 97e mondial) devance de peu le Bénin, tandis que la Gambie (66e), le Botswana (67e) ou encore le Rwanda (73e) complètent ce peloton de tête. Une performance qui place le Bénin devant plusieurs économies majeures d’Afrique de l’Ouest.

Les réformes clés derrière cette révolution économique

Cette ascension fulgurante repose sur des choix audacieux et des réformes structurelles ambitieuses :

  • La digitalisation accélérée des services publics : création d’entreprises en ligne, paiement électronique des impôts et numérisation du cadastre ont réduit les délais administratifs et renforcé la transparence.
  • L’attractivité industrielle : la Zone Industrielle de Glo-Digbé (GDIZ) symbolise cette volonté de transformation locale des matières premières, avec un cadre fiscal et réglementaire adapté aux investisseurs.
  • Une stabilité macroéconomique remarquable : grâce à la politique monétaire de la BCEAO au sein de l’UEMOA, le Bénin maintient une inflation maîtrisée et une croissance robuste.

Quels défis pour intégrer le top 10 africain ?

Pour franchir cette nouvelle étape, le pays doit désormais surmonter trois enjeux majeurs :

  • Moderniser la chaîne judiciaire : accélérer le règlement des litiges commerciaux et garantir une protection renforcée des investissements.
  • Démocratiser l’accès au crédits : faciliter le financement des MPME, vecteurs essentiels de croissance locale.
  • Formaliser l’économie informelle : inciter les acteurs non déclarés à rejoindre le secteur formel via des dispositifs simplifiés et incitatifs.
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André Biyong

Journaliste