Abou Dabi et Cotonou scellent un virage économique décisif avec le CEPA

Abou Dabi et Cotonou scellent un virage économique décisif avec le CEPA
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Un cap historique franchi entre le Bénin et les Émirats arabes unis

Les relations économiques entre le Bénin et les Émirats arabes unis viennent d’entrer dans une ère nouvelle. À l’issue d’une mission officielle à Abou Dabi, les deux pays ont officialisé la signature d’un Accord de Partenariat Économique Global (CEPA), marquant un tournant stratégique dans leur collaboration commerciale. Cet accord, bien plus qu’un simple traité, trace la voie d’une transformation profonde des échanges et des investissements bilatéraux, redéfinissant les règles du jeu économique en Afrique de l’Ouest et dans le Golfe.

Ce que change concrètement le CEPA pour les deux nations

Le nouvel accord traduit une volonté commune de dépasser les barrières traditionnelles du commerce. Voici les principales avancées qu’il introduit :

Des barrières douanières en voie de disparition

Le CEPA prévoit la réduction progressive ou l’élimination immédiate des droits de douane sur une large gamme de produits. Cette mesure vise notamment à :

  • Faciliter l’accès des produits béninois aux marchés des Émirats, qui regorgent de capitaux et de technologies.
  • Ouvrir le marché béninois aux entreprises émiraties, renforçant la compétitivité des filières locales et attractivité du pays.
  • Cibler des secteurs clés : l’agro-industrie, l’industrie légère, ainsi que les produits manufacturés et artisanaux béninois.

Un nouveau chapitre pour les services et les investissements

Les prestataires de services, les startups et les investisseurs des deux pays bénéficieront désormais de :

  • Un cadre juridique sécurisé pour les échanges de services, incluant le numérique, les télécommunications et la logistique.
  • Des protections accrues pour les investisseurs, avec des garanties contre les risques politiques et économiques.
  • Des opportunités ciblées dans des domaines prioritaires comme les énergies renouvelables, la sécurité alimentaire et l’hébergement de données.

Une coopération renforcée sur des secteurs d’avenir

En marge du traité principal, plusieurs protocoles d’accord ont été signés, couvrant :

  • Les énergies vertes : projets conjoints en solaire, éolien et biocarburants pour répondre aux enjeux climatiques.
  • L’agro-industrie : modernisation des chaînes de valeur, exportation de produits agricoles transformés vers les Émirats.
  • Le numérique et la data : création d’un écosystème d’échange pour les entreprises technologiques.
  • La formation et l’expertise : renforcement des compétences locales via des programmes conjoints avec des institutions émiraties.

Des chiffres qui illustrent l’urgence de cet accord

Le CEPA ne tombe pas du ciel : il répond à une explosion des échanges entre les deux pays. Les données officielles révèlent une croissance fulgurante des flux commerciaux hors pétrole :

  • Entre 2021 et 2025, les échanges sont passés de 1,01 milliard à 2,15 milliards de dollars, soit une hausse de 65 % en quatre ans.
  • Au premier semestre 2026, le volume a atteint 1,29 milliard de dollars, en progression de 37,4 % par rapport à 2025.
  • Des secteurs diversifiés : textiles, produits agricoles (ananas, noix de cajou), phosphates, ainsi que des services comme le BTP et la finance.

Ces performances ont révélé le besoin criant d’un cadre juridique stable pour pérenniser cette dynamique.

Pourquoi ce partenariat est un game-changer pour l’Afrique de l’Ouest ?

Pour le Bénin, le CEPA représente une opportunité historique de diversifier ses partenaires et d’attirer des capitaux étrangers stratégiques :

  • Réduire la dépendance aux marchés européens et ouest-africains traditionnels.
  • Accélérer la modernisation des infrastructures (Port de Cotonou, Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé).
  • Créer des emplois dans les filières prioritaires (agro-industrie, textile, logistique).
  • Se positionner comme une plateforme logistique incontournable pour les Émirats en Afrique de l’Ouest.

Pour les Émirats arabes unis, cet accord s’inscrit dans leur stratégie continentale d’investissement :

  • Sécuriser des approvisionnements en produits agricoles en provenance d’Afrique.
  • Diversifier leurs actifs dans des projets durables (énergies renouvelables, infrastructures).
  • Renforcer leur influence dans une région en pleine mutation économique.

La route vers la mise en œuvre : quelles étapes restent à franchir ?

Bien que la signature du CEPA soit un jalon majeur, son entrée en vigueur dépend désormais de sa ratification par les parlements des deux pays. Une fois cette formalité accomplie :

  • Les exonérations douanières deviendront effectives, simplifiant les échanges.
  • Les dispositifs d’incitation à l’investissement seront pleinement opérationnels pour les entreprises.
  • Les projets conjoints dans les secteurs prioritaires pourront enfin être lancés.

Les acteurs économiques des deux pays peuvent désormais préparer cette nouvelle ère avec optimisme, sachant que les règles du jeu sont sur le point de changer radicalement.

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Suzanne Ntouba

Journaliste