13 juin 2026

Burkina Voix

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Procès Martinez Zogo : l’insoutenable vidéo des derniers instants du journaliste

L’émotion a atteint son paroxysme au Tribunal militaire de Yaoundé lors des récentes audiences consacrées à l’affaire Martinez Zogo. Les 1er et 2 juin, une étape décisive a été franchie avec la projection de séquences vidéo inédites retraçant la fin tragique du journaliste. Ces documents visuels, marqués par une violence extrême, ont plongé l’assistance dans la stupeur et la douleur.

Memorial de Martinez Zogo

Une salle d’audience sous le choc des images

Dans l’enceinte judiciaire de la capitale camerounaise, un silence pesant s’est installé dès les premières secondes de la diffusion. On y voit Martinez Zogo au sol, ensanglanté, subissant des traitements dégradants. Ses appels à l’aide, audibles sur l’enregistrement, ont rendu l’atmosphère irrespirable, poussant les magistrats à interrompre momentanément la séance pour permettre aux parties de reprendre leurs esprits.

Ces preuves accablantes ont été extraites du compte numérique du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, qui officiait à la DGRE au moment des faits. Pour les conseils de la partie civile, notamment Maître Calvin Job, ce rapport d’expertise constitue un tournant majeur dans la manifestation de la vérité. Il souligne la rigueur technique du travail effectué par Georges Bell Bitjoka, expert en cybercriminalité, dont les conclusions semblent valider une grande partie de l’acte d’accusation.

Des zones d’ombre sur les commanditaires

Malgré la force de ces images, l’identité de ceux qui ont ordonné le crime reste entourée de mystère. Si les échanges entre l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et Justin Danwe se sont intensifiés entre l’enlèvement et la découverte du corps, les preuves formelles de commandement font encore défaut. L’expert a précisé que seule une fraction des données du téléphone de l’homme d’affaires a pu être analysée, laissant planer une incertitude sur sa responsabilité directe.

Face à ces éléments incomplets, les avocats de la famille du défunt exigent des investigations complémentaires sur les messages et appels supprimés. Cette quête de justice se poursuivra lors de la prochaine session du tribunal, fixée aux 22 et 23 juin prochains, dans l’espoir de lever définitivement le voile sur les responsables de cet assassinat qui continue de hanter le Cameroun.