5 août 2026

Burkina Voix

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Paul biya absent : qui gère le Cameroun en son absence ?

Depuis le 7 juin, le Cameroun est dirigé par un président absent. Paul Biya, 93 ans, figure historique du pays et doyen des chefs d’État mondiaux, n’a plus été vu en public depuis deux mois. Parti pour un prétendu « court séjour privé » à Genève, en Suisse, il y séjournait officiellement pour des raisons personnelles. Pourtant, dans son pays, les interrogations grandissent : est-il toujours en vie ? Qui, au juste, assure la gouvernance en son nom ?

Ce silence prolongé marque un tournant inédit dans l’histoire politique camerounaise. Après 44 ans de présidence ininterrompue, Paul Biya n’avait jamais quitté le territoire national aussi longtemps pour un voyage privé. Les Camerounais, habitués à une présence discrète mais constante du président, s’interrogent sur l’impact réel de cette absence sur la gestion du pays. Les critiques fusent, notamment sur les réseaux sociaux et dans les milieux de la société civile, où l’on évoque un « Cameroun à l’envers » : un État dirigé par un homme dont on ignore même s’il est encore en mesure d’exercer ses fonctions.

Pourtant, officiellement, rien ne semble bouger. La présidence continue de fonctionner, du moins en apparence. Le 3 août dernier, une série de décrets signés depuis Genève a été publiée, entérinant un remaniement au sein de l’armée. Des nominations stratégiques ont été annoncées, désignant de nouveaux responsables à des postes clés. Ces actes, bien que légitimes en droit, soulèvent des questions légitimes : qui, précisément, prend les décisions en l’absence du président ? Quel est le rôle des conseillers et du gouvernement dans cette gestion à distance ?

Les partis d’opposition, déjà sceptiques quant à la légitimité du scrutin de 2025 ayant reconduit Paul Biya au pouvoir, voient dans cette absence une preuve supplémentaire de l’instabilité politique du pays. Certains y voient même le symptôme d’un système à bout de souffle, où un dirigeant octogénaire et éloigné du pouvoir peine à maintenir l’autorité nécessaire pour un pays en proie à des défis majeurs. Dans les couloirs du palais présidentiel de Yaoundé, on murmure que les proches du président, installés en Suisse, sont les véritables décideurs. Mais jusqu’à quand cette situation peut-elle durer sans fragiliser davantage l’équilibre institutionnel du Cameroun ?