26 mai 2026

Burkina Voix

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Mali : une nouvelle dynamique pour la lutte contre la corruption en 2025

Mali la semaine anti corruption 2025 placee sous le signe de la jeunesse et de la rigueur judiciaire

Le lancement officiel de la Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption, édition 2025, s’est déroulé à Bamako ce 9 décembre. Sous l’égide de Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, cet événement vise à sensibiliser le public sur les efforts déployés pour assainir la gestion publique. Le thème central, reconduit cette année, met l’accent sur l’implication des nouvelles générations : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain ».

Lors de son intervention, le ministre Kassogué a rappelé la gravité des impacts de ce fléau sur la société. En s’appuyant sur les mots de Kofi Annan, il a décrit la corruption comme une menace directe pour la démocratie et la stabilité, favorisant l’insécurité et le crime organisé.

Une volonté politique ferme pour la refondation

Cette célébration, qui coïncide avec la journée internationale dédiée par l’ONU, témoigne de l’engagement des autorités de la Transition. Le Général d’armée Assimi Goïta prône en effet une lutte sans concession contre les pratiques illicites. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la refondation de l’État malien, prônant un renouveau citoyen basé sur le patriotisme et la probité.

Le rôle crucial de la jeunesse malienne

La jeunesse est désignée comme le moteur indispensable de ce changement de mentalité. Pour le ministre de la Justice, les jeunes doivent être en première ligne pour briser les anciennes habitudes et instaurer une culture de l’intégrité. La forte mobilisation des organisations de jeunesse lors de ce lancement a d’ailleurs été saluée comme un signal positif.

Renforcement de l’arsenal judiciaire et dissuasion

Le gouvernement mise sur des réformes structurelles pour accroître l’efficacité de la réponse judiciaire face à la délinquance financière :

  • Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Cette instance utilise désormais des méthodes de pointe pour traquer les auteurs de malversations.
  • Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Sa mission est de récupérer les richesses détournées afin qu’elles réintègrent le patrimoine national.

« L’action conjuguée de ces deux entités garantit que le crime ne sera plus jamais profitable », a souligné le garde des Sceaux, insistant sur l’aspect dissuasif de ces mesures.

Les avancées du nouveau Code pénal

Pour soutenir cette lutte, plusieurs innovations législatives ont été introduites :

  • L’imprescriptibilité des crimes économiques liés aux deniers publics.
  • La fin des immunités parlementaires pour les délits financiers.
  • Une protection accrue pour les lanceurs d’alerte, les témoins et les victimes.

Modernisation et outils de dénonciation

La technologie se met également au service de la transparence avec :

  • La ligne verte « Binkani Kunafoni » (3611), permettant à chaque citoyen de signaler des actes de corruption de manière anonyme et gratuite.
  • Le déploiement imminent d’une plateforme numérique judiciaire pour dématérialiser les procédures et limiter les risques d’interférences humaines.

Vers une synergie institutionnelle accrue

Le succès de cette lutte repose sur une coopération étroite entre les différents organes de contrôle. Le ministre a appelé à une coordination renforcée entre l’OCLEI (Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite), le BVG (Bureau du Vérificateur général) et la Cour des comptes. La création prochaine d’un cadre formel de concertation entre ces institutions demeure une priorité absolue pour l’exécutif.