Pourquoi la vaccination est-elle cruciale pour les enfants du Burkina Faso ?
À Fada N’Gourma, au Burkina Faso, des mères comme Nadège Thiombiano prennent des mesures concrètes pour sécuriser l’avenir de leurs enfants. Engagée dans la protection de sa fille Mouzaratou, âgée de 13 mois, elle incarne l’importance de la vaccination, un geste simple mais puissant contre des maladies évitables comme la poliomyélite.
Dès l’annonce d’une campagne de vaccination, Nadège a préparé activement sa fille. Pour elle, vacciner un enfant est un devoir sacré : « Je sais ce que la polio peut infliger à un enfant. Aucun de mes enfants ne manquera jamais son vaccin, tant que je serai en vie », déclare-t-elle avec détermination. Son engagement reflète une prise de conscience croissante au sein des communautés burkinabè.
Des résultats exceptionnels grâce à l’engagement collectif
Lors de la récente campagne de vaccination contre la poliomyélite, organisée du 7 au 10 novembre, les équipes du Centre de santé et de Promotion sociale (CSPS) du secteur 09 ont vacciné 5 290 enfants de 0 à 59 mois. Ce chiffre dépasse de 104 % l’objectif initial de 5 060 enfants, illustrant l’efficacité des stratégies mises en place.
André Yonli, infirmier chef du CSPS, souligne l’importance de la coordination entre les acteurs : « Ces performances témoignent de l’implication des parents, du travail acharné des vaccinateurs et de l’engagement des mobilisateurs sociaux ». Grâce à une planification rigoureuse, les équipes ont pu atteindre les zones les plus reculées, y compris les quartiers non lotis et les sites de déplacés internes.
Une communication ciblée pour convaincre les familles
La sensibilisation a joué un rôle clé dans ce succès. Des réunions de plaidoyer, des séances de mobilisation avec les leaders religieux, coutumiers et les associations de femmes ont permis de lever les réticences. Talato Lompo, mère de quatre enfants, témoigne : « Avant, je craignais que la vaccination ne rende mes enfants malades. Aujourd’hui, je vois qu’ils tombent rarement malades depuis qu’ils sont vaccinés ».
Le soutien des partenaires, un levier essentiel
Le Médecin-chef du district de Fada N’Gourma, la Dre Sandrine Bienvenue Sam, salue l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « L’OMS a fourni un soutien logistique et technique, allant du transport des vaccins à la supervision des équipes, en passant par la collecte des données », explique-t-elle. Plus de vingt experts, dont des épidémiologistes et des spécialistes en communication, ont été déployés pour garantir la qualité des opérations.
Au total, plus de 134 000 enfants ont été vaccinés dans le district, atteignant un taux de couverture de 103 %. Ces résultats renforcent la position du Burkina Faso comme pays libéré de la poliomyélite depuis 2015, tout en prévenant toute résurgence.
Un geste qui change des vies
Pour Nadège, la vaccination est bien plus qu’une obligation : c’est une promesse de santé. « Ce vaccin est un petit geste, mais il protège toute une vie », affirme-t-elle en serrant sa fille contre elle. Son témoignage résume l’impact profond de cette initiative sur les familles burkinabè.
Les campagnes se poursuivent, et chaque parent a un rôle à jouer. En vaccinant leurs enfants, les familles contribuent à préserver les acquis et à construire un avenir où la poliomyélite ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Grâce à l’engagement des communautés et au soutien des partenaires, chaque enfant peut grandir en bonne santé et en sécurité.
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