26 mai 2026

Burkina Voix

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Mali : le JNIM exhorte à un front uni contre la junte et propose une transition islamique

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), entité jihadiste liée à Al-Qaïda, a lancé un appel retentissant pour la formation d’un vaste « front commun » afin de « mettre un terme au régime militaire » en place au Mali depuis 2020. L’objectif déclaré est d’instaurer « une transition apaisée et représentative » dans le pays. Dans un communiqué rédigé en français, le groupe exhorte « tous les patriotes sincères, sans aucune distinction, à se lever et à unir leurs forces » pour cette cause. Il mentionne explicitement « les formations politiques, les forces armées nationales, les dignitaires religieux, les chefs coutumiers et l’ensemble des acteurs de la société malienne » comme participants potentiels à ce front.

Cette déclaration survient seulement cinq jours après des offensives coordonnées menées par le JNIM et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces attaques ont visé des cibles stratégiques de la junte militaire dans plusieurs villes majeures, incluant la capitale Bamako et sa localité voisine Kati – considérée comme le bastion de la junte –, ainsi que Kidal, Gao et Sévaré. Le JNIM insiste sur le fait qu' »il est impératif de mettre fin, par tous les moyens légitimes, à la dictature de cette junte qualifiée de terroriste ». Toutefois, pour éviter « un vide chaotique », le groupe préconise « une transition apaisée, responsable et inclusive dont le but essentiel est d’édifier un Mali nouveau avec, comme pilier fondamental, l’application de la charia », la loi islamique.

L’instabilité persistante au Mali

Le groupe jihadiste rend hommage à ses « martyrs tombés sur le champ d’honneur », sans toutefois en préciser le nombre. Il clarifie que « l’offensive victorieuse pour la libération de Kidal [fief de la rébellion à dominante touareg] a été menée par les forces du JNIM en collaboration étroite et fructueuse avec nos frères et partenaires » du FLA. Par contre, « les assauts simultanés et dévastateurs exécutés à Gao, Sévaré, Kati, aux abords de l’aéroport de Bamako et d’autres points névralgiques du Sud sont l’œuvre exclusive et puissante du JNIM », précise le texte. Le groupe a également manifesté son intention d’établir un blocus autour de la capitale, Bamako.

L’actualité au Mali demeure marquée par une situation sécuritaire des plus préoccupantes, générant incertitude et fébrilité après ces attaques coordonnées et simultanées à travers le pays. Ces événements ont entraîné la mort d’au moins 23 personnes, civils et militaires, selon des sources hospitalières. Mardi, le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, a pour sa part affirmé que la situation était désormais « maîtrisée », tout en reconnaissant un moment d’une « extrême gravité ». Le Kremlin a réitéré son engagement à « apporter son aide aux autorités en exercice » du Mali, renforçant ainsi la complexité de la politique au Mali et de la sécurité au Mali.