27 mai 2026

Burkina Voix

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L’interpellation musclée de Joseph Figueira par les hommes de Wagner en Centrafrique

Une mission de terrain qui bascule dans la violence à Zemio

Le 26 mai 2024, alors que la soirée touchait à sa fin dans la sous-préfecture du Haut-Mbomou, un événement brutal a marqué les esprits à Zemio. Dans la cour d’un établissement local, une cinquantaine de personnes étaient réunies pour célébrer la fin de mission de deux experts internationaux. Parmi eux, Joseph Figueira, un chercheur belgo-portugais de renom, s’apprêtait à quitter la zone après 48 heures d’expertise pour le compte de l’organisation FHI 360, dans le cadre d’un programme soutenu par l’Usaid.

L’ambiance conviviale a été soudainement rompue par l’arrivée de trois membres du groupe Wagner, force paramilitaire présente en République centrafricaine depuis 2018. Accompagnés d’un gendarme centrafricain servant de traducteur, les hommes armés ont immédiatement ciblé l’humanitaire. Sans lui laisser le temps de rassembler ses effets personnels ou ses documents d’identité restés dans ses quartiers, ils l’ont emmené de force, les mains entravées par des menottes.

Le profil d’un expert international en règle

L’arrestation de Joseph Figueira soulève de nombreuses interrogations sur les méthodes employées par les supplétifs russes. Spécialiste reconnu des questions liées aux Peuls, le chercheur était pourtant en situation parfaitement régulière sur le territoire centrafricain. Arrivé neuf jours plus tôt, il avait pris soin de rencontrer de multiples officiels à Bangui ainsi que des responsables en province pour coordonner un projet futur visant à prévenir les conflits locaux.

Malgré cette transparence et la collaboration affichée avec les autorités nationales et internationales, les hommes de Wagner ont agi hors de tout cadre juridique. Le transfert de l’humanitaire vers l’aérodrome s’est fait dans des conditions dégradantes : encagoulé et malmené, Joseph Figueira a subi des violences physiques, le laissant le nez en sang avant d’être jeté dans un aéronef pour une destination inconnue au moment des faits.

Une stratégie d’intimidation contre les acteurs humanitaires

Cet incident illustre la pression croissante exercée sur les organisations internationales opérant dans les régions instables de la Centrafrique. En ciblant directement un expert mandaté par une agence américaine, les forces de Wagner semblent envoyer un signal fort de défiance envers les initiatives de médiation et de prévention des conflits portées par des acteurs occidentaux.

La brutalité de l’intervention à Zemio met en lumière les risques encourus par les travailleurs humanitaires sur le terrain, où la présence de groupes paramilitaires étrangers redéfinit les règles de sécurité et de circulation. L’affaire Joseph Figueira demeure un exemple frappant de l’instrumentalisation de la force contre ceux qui tentent d’apporter une expertise neutre dans des zones de tensions communautaires.