Le cardinal Fridolin Ambongo a dressé un tableau alarmant de la situation en République démocratique du Congo. À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance, devant les fidèles réunis à la cathédrale Notre-Dame du Congo, l’archevêque de Kinshasa a dénoncé l’insécurité chronique, les conflits armés, la présence de forces étrangères sur le sol congolais, la précarité généralisée et la résurgence de l’épidémie d’Ebola. Dans ce contexte, il estime qu’une modification de la constitution ne saurait être une priorité.
« Pensons-nous vraiment que le changement de la constitution, présenté comme la solution face à ces sombres réalités, pensons-nous vraiment qu’un tel changement, visant un troisième mandat, soit la réponse la plus appropriée aux souffrances du peuple congolais ? Face à la gravité de la situation actuelle, nous ne voyons ni la nécessité ni l’urgence d’une révision constitutionnelle. La priorité de la République démocratique du Congo, c’est la paix. Voilà pourquoi la Conférence épiscopale nationale du Congo continue d’œuvrer et s’engagera toujours pour créer les conditions d’un dialogue global et inclusif », a tranché Ambongo.
Mobilisation de l’opposition
Cette position est également partagée par le Comité laïc de coordination, la Cenco et l’Église du Christ au Congo, qui jugent eux aussi qu’une réforme de la constitution n’est ni nécessaire ni urgente dans le contexte actuel.
Présente à cette célébration, Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre et cadre du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme de l’ancien président Joseph Kabila, a réaffirmé l’opposition de sa structure à toute modification de l’article 220 de la constitution.
« L’article 220 est intangible et la constitution dispose clairement que tout président élu a droit à un mandat renouvelable une seule fois. À l’issue de ces deux mandats, on doit quitter le pouvoir et passer la main à son successeur que le peuple congolais choisira. Ceci dit, tous les partis politiques et toutes les plateformes politiques qui composent le FCC participeront désormais à toutes les manifestations pour empêcher tout changement de la constitution. Nous serons dans la rue le 8 juillet pour défendre et protéger notre constitution », a rappelé Mushobekwa.
« Nous serons dans la rue le 8 juillet »
Même écho du côté de certains mouvements citoyens. Plamédie Bamata, du mouvement Patriotisme, appelle la jeunesse congolaise à participer à la manifestation annoncée par l’opposition le 8 juillet prochain.
« Nous sommes déterminés à mettre fin à ce projet de troisième mandat pour lequel les Congolais ont déjà versé beaucoup de sang en luttant pour que cette constitution existe. Nous serons dans la rue le 8 juillet. Nous allons marcher jusqu’au Palais de la Nation pour exprimer notre mécontentement et dire non à tout projet de balkanisation de notre pays », a insisté Bamata.
Après son adoption par les deux chambres du Parlement, la proposition de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum sur le changement de constitution a été transmise au président de la République pour promulgation.
Le gouvernement et la majorité présentent cette loi comme un texte destiné à encadrer juridiquement le recours au référendum.
L’opposition, de son côté, estime qu’elle pourrait ouvrir la voie à une révision de la loi fondamentale.
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