10 juin 2026

Burkina Voix

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La médiation africaine pour la paix en RDC se renforce à Lomé

la médiation africaine pour la paix en RDC se renforce à Lomé

Lomé a abrité les 7 et 8 juin 2026 une session technique majeure dans le cadre de l’évaluation semestrielle du processus de paix engagé pour l’Est de la République démocratique du Congo. Cette réunion, placée sous l’égide du président du Conseil togolais Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour la résolution de la crise dans l’Est de la RDC et la région des Grands Lacs, a permis de dresser un bilan des avancées réalisées et de renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués.

une mobilisation régionale et internationale renforcée

La rencontre, qui a suivi une étape ministérielle conduite par le ministre togolais de la Coopération et des Togolais de l’extérieur, Yackoley Johnson, a réuni autour du médiateur africain plusieurs personnalités clés. Parmi elles figuraient les membres du Collège des facilitateurs désignés par l’Union africaine, ainsi que des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la Communauté de développement de l’Afrique australe, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et du Comité international de la Croix-Rouge.

Le président Gnassingbé a salué la présence de ces facilitateurs et partenaires, soulignant leur engagement constant en faveur de la paix, de la stabilité et du développement dans la région des Grands Lacs. Il a rappelé que cette réunion d’évaluation témoignait de la détermination collective à trouver des solutions durables aux défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC.

des avancées concrètes dans l’architecture de la médiation

Le médiateur de l’Union africaine a mis en avant les progrès enregistrés depuis la réunion de janvier 2026 à Lomé, dédiée à la cohérence et à la consolidation des initiatives de paix. Selon lui, ces avancées marquent une étape importante vers une meilleure coordination des efforts diplomatiques et politiques en vue de résoudre la crise congolaise.

« Nous avons franchi une étape importante depuis le mois de janvier en mettant davantage d’ordre dans l’architecture de la médiation africaine. Je suis convaincu que cette rencontre marque une avancée significative dans l’amélioration de notre action collective et dans la recherche de solutions durables à cette crise. »

M. Gnassingbé a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer la cohérence, la complémentarité et la coordination entre les différents mécanismes de médiation actifs dans la région. Il a appelé à une mobilisation collective et soutenue en faveur de la stabilité, de la paix et de la sécurité dans l’Est de la RDC, soulignant que seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettrait de consolider les acquis et de favoriser une paix durable.

« Nous poursuivrons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les difficultés, nous constatons également l’existence de nombreuses bonnes volontés prêtes à nous accompagner dans cette recherche de la paix. »

un dispositif de médiation structuré et diversifié

Cette nouvelle rencontre s’inscrit dans la continuité de la réunion de haut niveau organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé, sous l’impulsion du président Gnassingbé. Cette initiative, qui avait réuni un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, ainsi que plusieurs partenaires internationaux, visait à renforcer la confiance entre les parties et à faire progresser le dialogue.

À l’issue de ces assises, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’Est de la RDC. Selon le schéma établi, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, appuyé par une équipe de soutien composée du ministère togolais des Affaires étrangères et de la présidence de la République.

Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, ont été désignés pour piloter des thématiques spécifiques :

  • L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est responsable des questions militaires et sécuritaires ;
  • L’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde supervise les questions humanitaires ;
  • L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta est chargé du dialogue avec les groupes armés locaux ;
  • L’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi gère les questions liées à la coopération économique régionale ;
  • L’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, coordonne les dossiers relatifs à la société civile, à la réconciliation et aux questions de genre.

Le dispositif comprend également un Secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est, la Communauté de développement de l’Afrique australe et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. La Commission de l’Union africaine assure, pour sa part, la coordination avec les partenaires internationaux, dont les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne ainsi que le Groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette structuration vise à garantir une approche intégrée et coordonnée, essentielle pour répondre aux multiples facettes de la crise dans l’Est de la RDC.