26 mai 2026

Burkina Voix

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Ibrahim Traoré estime que la démocratie n’est pas adaptée au Burkina Faso

Le leader de la transition au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a invité ses concitoyens à mettre de côté le concept de démocratie. Lors d’un entretien télévisé accordé à la presse nationale et internationale, le chef de l’État a affirmé que ce modèle politique ne correspondait pas aux réalités du pays.

Arrivé à la tête du pays en septembre 2022 à la suite d’un coup d’État, le capitaine Ibrahim Traoré dirige une junte qui a considérablement modifié le calendrier de transition. Initialement prévue pour s’achever en juillet 2024, cette période a été prolongée de cinq années supplémentaires grâce à une nouvelle charte. Ce document permet également au dirigeant actuel de se porter candidat lors des futures consultations électorales présidentielles, législatives et municipales.

Le chef de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à Ouagadougou le 15 octobre 2022

Une suspension des processus électoraux classiques

Dans le cadre de cette politique Burkina Faso sous tension, les autorités militaires ont dissous la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en octobre 2025. Plus récemment, en février, les activités des partis politiques ont été formellement interdites. « Il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous », a martelé Ibrahim Traoré sur les ondes de la RTB, confirmant une position déjà exprimée par le passé.

Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de rupture avec les modèles occidentaux. Le régime a d’ailleurs restreint l’accès à plusieurs médias internationaux et éloigné certains correspondants étrangers. Pourtant, le capitaine a accepté de répondre aux questions de journalistes de la Rai et de Sky News lors de cet entretien exceptionnel.

Sécurité Burkina et enjeux judiciaires

L’actualité Ouagadougou est également marquée par le sort de l’ancien dirigeant Paul Henri Sandaogo Damiba. Extradé du Togo, il est désormais entre les mains de la justice burkinabè pour des accusations de corruption et de tentatives de déstabilisation. Cette situation judiciaire se déroule alors que le pays fait face à une crise sécuritaire majeure liée aux groupes jihadistes.

Concernant la sécurité Burkina, le chef de l’État a vigoureusement réfuté les accusations d’exactions contre des civils portées par certaines organisations non gouvernementales. Sur le plan de la coopération militaire, il a précisé que si la Russie fournit du matériel, les opérations sur le terrain restent exclusivement menées par les forces armées nationales, sans encadrement étranger direct.

L’info Burkina reste dominée par cette volonté de la junte de redéfinir la gouvernance du pays, loin des standards démocratiques traditionnels, tout en se concentrant sur les défis de la Faso économie et de la lutte antiterroriste.