Au Burkina Faso, le conflit qui déchire le pays depuis 2023 a basculé dans une spirale de violences extrêmes. Armée nationale, milices alliées et groupes armés islamistes ont, ensemble, causé la mort de plus de 1 800 civils et forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leur foyer. Selon un récent rapport, ces actes s’apparentent à des crimes contre l’humanité, impliquant tous les camps belligérants.
Des bilans humains accablants et une impunité généralisée
- 1 800 civils tués depuis 2023, selon les estimations du rapport.
- Dizaines de milliers de déplacés forcés, privés de leurs biens et de leurs moyens de subsistance.
- Une junje militaire au pouvoir depuis 2022 qui commet des abus tout en étouffant l’information.
- Un groupe armé islamiste (GSIM) lié à Al-Qaïda, responsable de violences ciblées contre les populations.
Les forces armées et les milices : des exactions documentées
Un document de 341 pages, intitulé « Personne ne pourra s’échapper », révèle l’ampleur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par l’armée burkinabè, ses milices alliées (VDP) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Ces violations incluent des massacres, des déplacements forcés et des nettoyages ethniques ciblant notamment les communautés peules, accusées de soutenir les groupes armés.
Des attaques systématiques contre les civils
Les enquêtes menées par Human Rights Watch ont permis de recenser 57 incidents majeurs entre 2023 et 2025. Parmi les cas les plus marquants :
- Un massacre en décembre 2023 près de Djibo, où plus de 400 civils ont été tués lors d’une opération militaire.
- L’assassinat de 13 civils peuls, dont 6 femmes et 4 enfants, dans le village de Bassé en novembre 2023.
- Une attaque en août 2024 à Barsalogho, attribuée au GSIM, ayant coûté la vie à au moins 133 civils, dont des enfants.
Des témoignages recueillis sur place décrivent des scènes de terreur : exécutions sommaires, pillages et destructions d’infrastructures vitales. Les survivants rapportent des violences ciblées, comme celle subie par une femme de 35 ans, dont les deux filles ont été tuées sous ses yeux, tandis qu’elle-même était grièvement blessée.
Un contexte de répression et de désinformation
Sous la direction du président Ibrahim Traoré, la junte au pouvoir a instauré un climat de répression intense. Opposants politiques, militants et médias indépendants sont systématiquement réprimés, limitant drastiquement la circulation de l’information sur le conflit. Cette stratégie vise à masquer l’ampleur des exactions et à étouffer toute critique.
Les groupes armés islamistes, quant à eux, imposent leur contrôle par la terreur. Le GSIM, actif depuis 2016, utilise des engins explosifs improvisés, bloque l’accès aux villes et détruit les ressources essentielles, plongeant des populations entières dans la famine et les maladies.
Des responsables à identifier et à sanctionner
Le rapport met en cause plusieurs hauts responsables, dont Ibrahim Traoré, commandant suprême des forces armées, et Iyad Ag Ghaly, chef du GSIM, déjà recherché par la Cour pénale internationale. Human Rights Watch appelle à des enquêtes indépendantes et à l’application de sanctions ciblées contre les commandants impliqués dans ces crimes.
Les partenaires internationaux du Burkina Faso, notamment les Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis, sont appelés à agir pour briser le cycle d’impunité. La CPI est également invitée à ouvrir un examen préliminaire sur les crimes présumés commis depuis septembre 2022.
Conclusion : une crise humanitaire urgente
« L’ampleur des atrocités au Burkina Faso est dramatique, et le monde doit en prendre conscience pour y mettre fin », déclare un expert de Human Rights Watch. Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires sont exhortés à coopérer avec les autorités locales pour faire cesser ces violations et rétablir la justice.
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