11 juin 2026

Burkina Voix

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Gérants de dépôts pharmaceutiques au Burkina Faso réclament un statut professionnel

À l’occasion de leur sixième assemblée générale organisée à Ouagadougou, les responsables de l’Union des gérants et caissiers de dépôts pharmaceutiques publics du Burkina Faso ont une nouvelle fois interpellé les autorités sur la nécessité d’adopter un statut officiel pour leur profession. Considérée comme un pilier du système de santé national, cette demande s’inscrit dans un contexte où les conditions de travail se dégradent selon eux.

Le thème retenu pour cette rencontre, « La résilience des bénévoles au service du peuple », reflète l’engagement de ces travailleurs, souvent ignorés malgré leur rôle clé dans la distribution des médicaments et l’accueil des patients dans les structures sanitaires.

Ousmane Bolly, président de l'Union des gérants et caissiers de dépôt pharmaceutique public du Burkina Faso

Ousmane Bolly, président de l’organisation, a révélé que de nombreux agents, dont certains travaillent depuis plus de deux décennies, perçoivent des salaires ne dépassant pas 25 000 FCFA par mois. « Certains touchent moins que le SMIG, alors qu’ils assurent une mission essentielle pour le système de santé », a-t-il dénoncé.

L’Union représente aujourd’hui plus de 3 000 gérants répartis dans l’ensemble des districts sanitaires du pays. Ces professionnels, souvent en première ligne dans les centres de santé, subissent des conditions précaires sans cadre légal pour les protéger.

L’absence de statut : une source de vulnérabilité

Pour les membres de l’Union, le principal obstacle reste l’absence de texte officiel encadrant leur métier. Cette lacune les expose à des licenciements abusifs, notamment lorsqu’ils revendiquent de meilleures conditions de travail. Certains agents, par crainte de représailles, hésitent même à s’afficher publiquement comme membres de l’organisation.

Des salaires qui ne suivent pas l’inflation

Les participants ont également pointé du doigt la faiblesse de leurs revenus, jugés insuffisants face à la hausse du coût de la vie. Avec des salaires oscillant entre 20 000 et 25 000 FCFA, ils peinent à subvenir à leurs besoins quotidiens, malgré l’importance de leur mission.

Les gérants de dépôts pharmaceutiques, bien que bénévoles, jouent un rôle crucial dans la chaîne d’approvisionnement en médicaments. Leur travail, souvent effectué dans des structures sanitaires surchargées, mérite selon eux une reconnaissance institutionnelle et financière.

Plusieurs années de démarches infructueuses

L’Union affirme avoir engagé des actions depuis 2020 pour faire avancer leur cause, notamment :

  • des échanges avec les ministères de la Santé et de la Fonction publique ;
  • des audiences au niveau de la Présidence du Faso ;
  • la participation à des ateliers dédiés à la gestion des structures pharmaceutiques.

Malgré ces initiatives, les responsables déplorent l’absence de mesures concrètes. Un recensement complet de leurs membres a été transmis aux autorités pour accélérer la mise en place d’un cadre réglementaire.

Membres de l'Union des gérants et caissiers de dépôt pharmaceutique public du Burkina Faso

L’Union appelle désormais l’État à prendre ses responsabilités pour revaloriser cette profession. Elle souligne que les ressources générées par les dépôts pharmaceutiques ne suffisent pas, à elles seules, à garantir une amélioration durable des conditions de travail.

En conclusion de l’assemblée, Ousmane Bolly a salué la mobilisation des participants tout en insistant sur l’urgence d’une réponse des autorités à leurs revendications.