0 5 minutes 7 heures
Écouter la lecture⏱ ~4 min

Derrière les deux mémorandums signés avec la Senelec se cache une mécanique bien huilée : l’Algérie ne vend plus seulement son gaz, elle exporte désormais son savoir-faire. En s’attaquant au marché sénégalais, Sonelgaz parachève une stratégie de conquête entamée au Mali, au Niger, au Cameroun, au Bénin et en Mauritanie. Analyse des ressorts d’une offensive qui dépasse le simple cadre commercial.

La rencontre entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies Renouvelables, le Dr Mourad Adjal, et son homologue sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf, n’a rien d’anecdotique. Elle s’inscrit dans une séquence diplomatique où Alger transforme son expertise technique en levier d’influence. Au menu des discussions : le transfert de compétences et l’accompagnement de Dakar dans le développement de ses infrastructures électriques et gazières.

Une diplomatie économique qui s’appuie sur un champion industriel

Le constat est simple : l’Algérie ne se contente plus d’exporter ses hydrocarbures bruts. Elle vend désormais son ingénierie, ses équipements et sa formation. Après le Mali, le Niger, le Cameroun, le Bénin et la Mauritanie, Sonelgaz pose ses valises dans un pays qui s’apprête à rejoindre le club des producteurs de gaz. Un calendrier loin d’être fortuit.

Lors de cette rencontre de haut niveau, le Dr Mourad Adjal a réaffirmé la volonté d’Alger d’intervenir sur toute la chaîne de valeur : de la production d’électricité à la distribution de gaz, sans oublier la fabrication d’équipements électriques et la formation de cadres locaux. Une approche intégrée qui vise à créer une dépendance mutuelle durable.

Le gaz naturel, clé de voûte de l’accord avec la Senelec

Le Sénégal, futur producteur de gaz, cherche des partenaires capables de l’aider à valoriser ses ressources. C’est précisément là que l’expertise de Sonelgaz devient stratégique. Les échanges ont porté en priorité sur la production d’électricité à partir du gaz naturel, un domaine où l’Algérie dispose d’un savoir-faire reconnu.

Cette volonté de mutualiser les compétences s’est concrétisée par la signature de deux mémorandums d’entente entre le groupe Sonelgaz et la Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal). Ces accords couvrent plusieurs volets :

  • Le transfert de compétences et l’assistance technique ;
  • La fabrication et la commercialisation d’équipements électriques ;
  • Le développement des infrastructures énergétiques ;
  • Le renforcement de l’interconnexion électrique.

Ce que Dakar attend vraiment de ce partenariat

Pour le Sénégal, le choix de l’Algérie ne relève pas du hasard. Le ministre sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf, a qualifié l’Algérie de « partenaire fiable sur lequel le Sénégal s’appuiera au cours de la prochaine étape ». Il a salué l’expertise algérienne tout en rappelant que l’énergie demeure le moteur stratégique du développement de son pays.

Cette alliance s’inscrit dans une logique de coopération Sud-Sud que les deux parties présentent comme mutuellement bénéfique. En s’appuyant sur un champion continental comme Sonelgaz, Dakar espère accélérer son indépendance énergétique tout en maîtrisant ses coûts de développement.

Un accord gouvernemental global attendu à Dakar en décembre

L’offensive sénégalaise de Sonelgaz ne fait que commencer. La rencontre d’Alger a jeté les bases d’un partenariat politique et économique plus vaste. Les deux pays ont déjà fixé une échéance : un accord gouvernemental global dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables sera signé à Dakar début décembre.

Avec ce nouveau déploiement, le groupe Sonelgaz confirme son ambition de s’imposer comme un acteur incontournable de l’électricité et du gaz sur le continent africain. Une manière pour l’Algérie de consolider son statut de puissance énergétique régionale, bien au-delà de ses frontières.

Suivre la rubriqueRetrouvez nos publications dans Feedly, Inoreader…