26 mai 2026

Burkina Voix

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Crise au Tchad : le plaidoyer des évêques pour une réconciliation nationale par le dialogue

Quelques éléments de l'armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad - Photo d'illustration Quelques éléments de l’armée tchadienne sur le bord du Lac Tchad – Photo d’illustration (AFP or licensors)

Face à l’instabilité croissante qui secoue le Tchad, les responsables de l’Église catholique ont rompu le silence ce mardi 6 mai. À travers une déclaration officielle, les prélats ont manifesté leur vive inquiétude concernant la dégradation brutale du contexte politique national. Pour les évêques, la création d’un environnement de confiance est indispensable pour favoriser une réconciliation authentique. Ils martèlent qu’un « dialogue sincère et inclusif » constitue l’unique rempart contre l’enlisement actuel du pays.

Un climat de violence alarmant et des pertes humaines tragiques

Ce cri d’alarme intervient alors que le pays est meurtri par des heurts intercommunautaires d’une rare violence, particulièrement dans les régions du Guera et du Wadi Fira (notamment à Dar Tama). La situation sécuritaire s’est encore assombrie le 5 mai avec l’assaut contre la base militaire de Barka Toulorom, située dans la zone du Lac Tchad. Selon les autorités, cette attaque a coûté la vie à au moins 23 personnes. Ce drame s’ajoute à celui du 26 avril dernier, où 42 individus ont péri lors d’affrontements à l’est du territoire.

Condamnant fermement ces actes barbares, la conférence épiscopale a rappelé le caractère sacré de l’existence humaine. Les évêques insistent sur le fait que la violence, loin de résoudre les différends, ne fait qu’accentuer les fractures sociales et les rancœurs.

Défendre la démocratie et les libertés fondamentales

L’actualité politique du Tchad préoccupe également les chefs religieux, qui pointent du doigt une multiplication des arrestations ciblant les opposants et les voix dissidentes. Selon eux, ces mesures répressives fragilisent les fondements démocratiques, entravent la liberté d’expression et bafouent les droits humains essentiels. Ils estiment que ces actions nuisent gravement à la cohésion nationale et au vivre-ensemble.

Les prélats exhortent au respect du pluralisme, qu’il soit politique, religieux ou culturel. Ils rappellent que la diversité doit être perçue comme un atout pour l’édification d’un État de droit solide. « Le mal ne peut être vaincu que par le bien », affirment-ils, prônant la justice pour tous comme moteur de l’unité nationale.

Vers une sortie de crise pacifique

Pour les évêques, la seule voie de sortie réside dans des échanges constructifs entre tous les acteurs de la société. Ils appellent les dirigeants à faire preuve de retenue et de clairvoyance pour instaurer un climat apaisé. Ce processus de discussion, basé sur la vérité et le respect mutuel, est jugé vital pour instaurer une paix pérenne au Tchad.

En conclusion, l’épiscopat a tenu à exprimer sa solidarité et ses condoléances aux familles endeuillées par ces récents événements. Ils invitent l’ensemble de la population tchadienne à faire preuve de compassion et d’unité face à ces épreuves douloureuses.