4 août 2026

Burkina Voix

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Crise alimentaire au Sahel : un habitant sur cinq touché en 2025, un appel à l’action pour le Mali

Un récent rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition à travers le globe met en lumière une situation particulièrement critique en Afrique, notamment dans la région du Sahel. Les données révèlent qu’en 2025, une personne sur cinq dans cette zone a souffert de la faim, marquant une hausse alarmante des chiffres depuis quinze ans.

Face à cette détérioration, Fanta Touré Diop, représentante régionale de l’ONG « Action contre la Faim » pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, a lancé un appel vibrant. Elle insiste sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée, en particulier pour le Nord du Mali, afin de contenir cette insécurité alimentaire grandissante.

Comprendre la crise alimentaire au Sahel

Les chiffres présentés dans ce rapport sont particulièrement inquiétants et témoignent d’une aggravation constante de la situation en matière d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Plusieurs facteurs concourent à expliquer cette crise profonde. En Afrique de l’Ouest et du Centre, et plus spécifiquement au Sahel, la population est confrontée à un contexte humanitaire extrêmement difficile. L’accès aux ressources est entravé par les impacts sécuritaires et les conflits qui ravagent ces pays, provoquant des déplacements massifs de populations.

Alimentation : des millions de Maliens sont vulnérables

Un autre facteur aggravant majeur est le changement climatique, dont les effets se font durement sentir dans la région, impactant directement la sécurité alimentaire et nutritionnelle. À cela s’ajoute une crise des financements, rendant plus complexe la mise en œuvre de réponses adéquates et appropriées par les acteurs humanitaires et les gouvernements face à cette situation dramatique.

Mali : au cœur des défis sécuritaires et alimentaires

Le Mali, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, figure parmi les nations les plus durement éprouvées par les conflits actuels. Le Nord du Mali est particulièrement touché par les tensions sécuritaires, entraînant des déplacements massifs de populations vers les régions du Sud, telles que Bamako ou Sikasso. Cette importante population déplacée, ainsi que les réfugiés, accentue les besoins humanitaires dans le pays.

L’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali connaît une augmentation significative, touchant un nombre croissant de personnes vulnérables. Fanta Touré Diop souligne l’urgence d’une collaboration étroite et concertée entre les autorités maliennes, les organisations internationales, la société civile locale et le système des Nations unies. Un effort commun est indispensable pour apporter des réponses efficaces aux populations maliennes confrontées à ces conflits.

Ecoutez l’interview de Fanta Touré Diop…

L’impact de la baisse des financements

Alors que le gouvernement malien s’efforce de trouver des solutions, la situation est compliquée par une réduction drastique des financements internationaux. « Action contre la Faim » a déjà dû suspendre plus de 50 projets dans une vingtaine de pays, y compris au Tchad, en raison de cette crise financière. Les ressources allouées aux programmes de développement et d’urgence ont considérablement diminué, alors même que les besoins humanitaires explosent.

Actuellement, 57 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et du Centre, incluant la République Démocratique du Congo, souffrent d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Dans la seule région sahélienne, 24,3 millions de personnes nécessitent une assistance et une protection urgentes. Le budget requis pour répondre à ces besoins régionaux s’élève à 3,7 millions de dollars, mais seulement 21 % de cette somme a été mobilisée à ce jour. Cette disparité alarmante se traduit par 11,3 millions d’enfants et de femmes qui risquent la malnutrition dans la région.

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Stratégies pour renforcer la résilience

Pour lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire, Fanta Touré Diop insiste sur l’importance d’une stratégie politique forte. Le leadership politique est, selon elle, le pilier fondamental de toute action à entreprendre. De plus, elle souligne la nécessité de disposer de données précises et fiables pour une planification adéquate et une réponse humanitaire ciblée.