11 juin 2026

Burkina Voix

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Crise à l’est de la RDC : le Burundi réclame une action internationale face à l’échec de l’Accord de Washington

Actuellement investi de la présidence de l’Union africaine, le Burundi exprime ses vifs regrets concernant l’application de l’Accord de paix de Washington. Ce traité, censé apaiser les tensions entre Félix Tshisekedi pour la RDC et Paul Kagame pour le Rwanda sous la médiation de Donald Trump, peine à transformer la réalité sécuritaire sur le terrain. Les hostilités entre les forces loyalistes et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, se poursuivent sans relâche dans l’est de la RDC.

Échange entre Édouard Bizimana et Floribert Anzuluni

Un constat d’insécurité persistant à Bujumbura

Lors d’une séance de travail organisée le lundi 1er juin à Bujumbura, l’ambassadeur Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, a reçu Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale. Le diplomate burundais a déploré le non-respect des engagements pris à Washington. Bien que certains retours de déplacés soient observés, de nombreuses zones demeurent sous l’emprise de l’insécurité, provoquant de nouvelles vagues de réfugiés vers les États limitrophes.

Face à cette impasse, le Burundi exhorte la communauté internationale à intensifier son implication pour soutenir les mécanismes régionaux de paix déjà en place. Les deux délégations ont profité de cette rencontre pour réaffirmer la solidité des liens diplomatiques entre Kinshasa et Bujumbura, abordant également des dossiers bilatéraux tels que la construction de la future ambassade du Burundi en RDC et la gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL.

Coopération militaire et diplomatie régionale

Le ministre Floribert Anzuluni a tenu à saluer l’engagement du Burundi, notamment dans la gestion humanitaire des Congolais installés dans les camps de réfugiés burundais. Sur le plan institutionnel, les préparatifs d’une réunion de la Troïka de la CIRGL ont été évoqués afin d’évaluer la situation sécuritaire régionale et les contributions des États membres.

De son côté, le Burundi, par la voix de son président Évariste Ndayishimiye, maintient son objectif de « faire taire les armes » sur le continent. Cette volonté se traduit concrètement par un accord de défense bilatéral signé en mars 2023. Pour contrer l’agression rwandaise dénoncée par Kinshasa, Bujumbura a déployé des milliers de soldats en appui aux FARDC, notamment dans le Sud-Kivu, afin de sécuriser les frontières communes.

Une impasse diplomatique préoccupante

Malgré les discussions menées à Montreux en avril 2026 et les rounds de négociations à Doha sous l’égide du Qatar et des États-Unis, le processus de paix s’enlise. Les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 bloquent toute avancée concrète. Cette paralysie diplomatique, où chaque partie livre sa propre interprétation de l’Accord de Washington, continue de fragiliser la stabilité de l’est de la République démocratique du Congo, laissant les populations civiles en première ligne des affrontements.