Conférence de l’IAJP à Cotonou : Mgr Houngbédji plaide pour un développement centré sur l’humain
Des représentants religieux, des décideurs politiques et divers intervenants se sont réunis à Cotonou pour un débat crucial sur l’état de droit et les transitions démocratiques en Afrique. Organisée par l’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP), cette rencontre, tenue en juillet 2026, a mis en lumière les enjeux de stabilité et de croissance sur le continent.
Un développement africain lié à la qualité des institutions
Mgr Roger Houngbédji, archevêque métropolitain de Cotonou et président de la Conférence Épiscopale du Bénin, a ouvert le débat en insistant sur un principe fondamental : le progrès du Bénin et de l’Afrique ne dépend pas uniquement de la richesse des ressources naturelles, mais surtout de la robustesse de leurs institutions. Pour lui, une croissance durable passe nécessairement par un État de droit solide, une gouvernance transparente et une justice indépendante, capables de créer un environnement propice à l’épanouissement des populations.
Le Bénin, un modèle de réformes économiques et judiciaires
L’archevêque a illustré ses propos par l’exemple récent du Bénin. Il a salué les réformes mises en œuvre pour dynamiser l’économie et renforcer le système judiciaire, comme la création du Tribunal de commerce, la modernisation du droit des affaires ou encore la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces mesures ont permis au pays de progresser dans les classements internationaux, renforçant ainsi son attractivité économique.
Cependant, Mgr Houngbédji a également pointé les limites de ces avancées. Il a rappelé que la consolidation démocratique exige plus que des indicateurs économiques performants. Elle nécessite un respect scrupuleux des libertés publiques, une justice véritablement autonome et une participation citoyenne active. Sans ces fondements, les réformes risquent de rester superficielles et de ne pas répondre aux attentes des populations.
L’humain au cœur des politiques publiques
S’appuyant sur la Doctrine Sociale de l’Église catholique, le prélat a défendu une vision du développement intégral, où l’être humain est placé au centre de toutes les décisions politiques. Pour lui, une croissance authentique doit dépasser les simples performances financières et se mesurer à l’amélioration concrète du quotidien des citoyens. Cela implique de renforcer la justice sociale, de garantir la dignité de chacun et de lutter contre les inégalités persistantes.
Il a insisté sur l’importance de politiques publiques inclusives, capables de répondre aux besoins réels des populations et de préserver leur bien-être. Selon lui, le développement ne peut se réduire à des chiffres de croissance : il doit se traduire par une vie meilleure pour tous, dans le respect des droits fondamentaux.
L’Église, acteur de dialogue et de réconciliation
Mgr Houngbédji a également souligné le rôle central joué par l’Église dans la médiation des tensions politiques au Bénin. De la gestion de la crise post-électorale de 2019 aux appels répétés au dialogue avant les élections de 2026, l’institution ecclésiastique s’est positionnée comme un facilitateur de réconciliation nationale. Elle ne cherche pas à se substituer aux institutions républicaines, mais œuvre à renforcer la cohésion sociale et à préserver la stabilité du pays.
En conclusion de son intervention, le président de la Conférence Épiscopale a appelé les dirigeants africains à allier efficacité économique, justice autonome, pluralisme politique et respect des droits fondamentaux. Pour lui, c’est cette combinaison qui permettra au continent de relever le défi du développement durable et inclusif.
En bref
- État de droit et gouvernance : des piliers indispensables pour un développement durable en Afrique.
- Réformes judiciaires et économiques : le Bénin sert d’exemple avec des initiatives comme la Criet et la modernisation du droit des affaires.
- Développement humain intégral : l’humain doit être au centre des politiques publiques, au-delà des indicateurs économiques.
- Rôle de l’Église : un acteur clé dans la médiation des conflits et la promotion du dialogue social.
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