Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a annoncé le 2 août 2026 le retour imminent du président Paul Biya au Cameroun. Cette déclaration intervient dans un contexte de vives spéculations concernant la santé et l’absence prolongée du chef de l’État.
« Le président est en vie… Il n’y a aucune vacance du pouvoir ! », a affirmé le ministre, répondant ainsi aux critiques de l’opposition. L’absence du chef de l’État, âgé de 93 ans et né le 13 février 1933, qui a quitté le pays depuis près de deux mois, alimente un débat national intense et de nombreuses interrogations sur la direction du Cameroun.
Du côté de l’opposition camerounaise, plusieurs voix s’élèvent pour exiger une plus grande transparence sur l’état de santé du président Paul Biya et sur la continuité institutionnelle. Des figures comme Jean-Michel Nintcheu et l’Union démocratique du Cameroun (Udc) ont publiquement exprimé leurs préoccupations.
Jean-Michel Nintcheu a notamment interpellé le Conseil constitutionnel, lui demandant de constater une éventuelle vacance du pouvoir. Il a insisté sur le fait que la stabilité de la République ne saurait être fondée sur le silence ou de simples suppositions. D’autres leaders de l’opposition dénoncent un « vide institutionnel » et pointent du doigt une « gouvernance à distance », même si le camp présidentiel maintient que Paul Biya conserve pleinement les rênes du pouvoir.
Sur le plan juridique, la Constitution camerounaise, en son article 6, alinéa 4, encadre les modalités d’une vacance du pouvoir. En cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle est impérative dans un délai de vingt (20) à cent vingt (120) jours suivant l’ouverture de cette vacance.
Durant cette période transitoire, l’intérim de la présidence est automatiquement assumé par le président du Sénat, actuellement Aboubakary Abdoulaye, âgé de 64 ans. Si ce dernier se trouvait dans l’incapacité d’exercer cette fonction, la succession serait assurée par son suppléant selon l’ordre de préséance, à savoir la première vice-présidente du Sénat, Naomie Mikel Bégala épouse Akono, âgée de 63 ans.
Le président par intérim est soumis à des restrictions claires : il ne peut ni modifier la Constitution, ni remanier la composition du Gouvernement, ni initier un référendum. De plus, il lui est interdit de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle organisée suite à la vacance.
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