Signature de la déclaration de principe par les MAE congolais et rwandais à Washington

Lors d’un échange en direct sur X, le chercheur Jason Stearns a fermement plaidé en faveur d’une approche de compromis politique avec le mouvement M23 pour résoudre le conflit qui sévit entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Il a clairement écarté l’idée qu’une défaite militaire puisse être imposée au Rwanda par la seule pression internationale.

Interrogé sur la perception d’une pression internationale inégale, souvent jugée plus orientée vers Kigali que Kinshasa, Jason Stearns a reconnu que la « solution idéale » serait un retrait pur et simple du Rwanda sous l’effet de cette pression. Il a rappelé le précédent de 2013, où une combinaison de « pression diplomatique » sur Kigali et d’une « pression militaire sur le M23 » avait conduit à une défaite du M23, bien que ce succès n’ait pas été suivi d’un processus de paix durable.

Cependant, selon l’expert, ce scénario n’est plus envisageable dans le contexte actuel. « Nous ne sommes pas en mesure d’espérer un simple retrait du Rwanda », a-t-il déclaré, soulignant que même les diplomates à Washington partageraient cette analyse. Sa conclusion est sans équivoque : « une solution politique diplomatique est impérative, et non une solution purement militaire. »

Jason Stearns a par conséquent appelé à exercer une pression équilibrée, y compris sur Kinshasa, afin de faciliter l’émergence d’un compromis. Il a toutefois précisé que ce compromis ne devrait en aucun cas « compromettre l’intégrité ou la souveraineté de la RDC ».

Quant à la nature de ce compromis, le chercheur a évoqué les « divers processus de paix antérieurs », tout en insistant sur l’exclusion catégorique de toute intégration pour les individus « coupables de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre ». Pour les autres membres du mouvement, il serait essentiel, selon lui, de « trouver un moyen de répondre aux griefs soulevés ».

Un élément crucial de son analyse réside dans la nécessité de « donner quelque chose au leadership du M23″. Jason Stearns a rappelé avoir lui-même dénoncé l’agression rwandaise par l’intermédiaire du M23, la qualifiant d' »agression rwandaise ». Néanmoins, il a mis en avant une réalité militaire incontournable : le M23 contrôle désormais des territoires dont la superficie est comparable à celle de la Belgique, et aurait subi des « centaines, voire des milliers de pertes humaines » dans l’Est de la RDC. Dans ce contexte, il a jugé que « la pression militaire et diplomatique actuelle ne suffit pas à imposer une défaite » au groupe armé.