
Le Burkina Faso est une fois de plus frappé par des violences. De récentes attaques menées par des groupes jihadistes ont causé la mort d’au moins 22 membres des forces armées et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) durant le week-end écoulé. Sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, la junte militaire intensifie ses efforts pour contrer cette menace persistante qui affecte la sécurité au Burkina Faso depuis de nombreuses années.
Des sources sécuritaires confirment que ces nouvelles attaques attribuées à des jihadistes présumés, survenues dans le nord du Burkina Faso ce week-end, ont entraîné le décès d’au moins 22 militaires et supplétifs civils.
Depuis près d’une décennie, le Burkina Faso, dirigé par la junte militaire du capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’État de septembre 2022, fait face à une vague d’offensives meurtrières. Des groupes jihadistes, liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, étendent leur emprise sur de vastes portions du territoire. La politique du Burkina Faso est fortement impactée par cette situation sécuritaire.
Une base du Bataillon d’intervention rapide (BIR), située à Di, près de Dédougou, a été la cible d’une attaque jihadiste samedi matin. Malgré une résistance acharnée, quatorze soldats et sept VDP, ces supplétifs civils de l’armée, ont perdu la vie. Les VDP, recrutés en grand nombre, paient un lourd tribut dans cette lutte contre le terrorisme.
Un autre détachement militaire, celui de Solhan, dans le nord-est du pays, a également été visé. Cette attaque a fait plusieurs victimes, dont un officier. En réponse, une vaste opération de riposte a été lancée par les forces burkinabè.
Les informations font état de lourdes pertes humaines et matérielles suite à ces deux assauts. Par ailleurs, un poste militaire à Séguénéga, près de Kaya, dans le centre-nord, a été attaqué dimanche.
Les opérations de riposte et de traque, menées dès samedi en coordination avec la hiérarchie militaire, ont permis de neutraliser plusieurs dizaines de terroristes et de récupérer du matériel militaire et logistique. Il est à noter que Solhan avait déjà été le théâtre d’une des attaques les plus meurtrières du pays en juin 2021, causant entre 130 et 160 morts civils.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué plusieurs assauts contre des positions de l’armée burkinabè dans diverses localités, affirmant avoir tué plusieurs soldats.
Rupture diplomatique et nouvelles alliances
Le régime militaire, caractérisé par son autoritarisme et son approche souverainiste, ne communique plus publiquement le nombre de soldats tués lors des attaques. Il diffuse parfois des bilans de ses ripostes, dont la vérification indépendante est difficile.
La semaine dernière, l’État-major burkinabè a annoncé avoir éliminé plus de 400 terroristes suite à des « attaques complexes et coordonnées » contre ses positions à Gayéri (région de la Sirba), Solhan et Sebba (région du Liptako). Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions diplomatiques.
Ces attaques ont été mises en relation avec la rupture des relations diplomatiques avec la France, annoncée unilatéralement fin juin. Le gouvernement burkinabè a accusé la France de « soutien » aux jihadistes et de « nourrir le discours tronqué sur la situation sécuritaire » du pays. Après des années de frictions, Ouagadougou a dénoncé un « activisme incessant » de la France contre ses intérêts.
En réaction, la France a exprimé ses regrets face à cette décision « hostile et sans fondement » et a procédé au retrait de tous ses diplomates du Burkina Faso, exigeant le départ du personnel diplomatique burkinabè de France avant le 6 juillet au soir. Ouagadougou n’a pas commenté publiquement le départ de son personnel diplomatique.
Peu après son accession au pouvoir, la junte avait déjà exigé le rappel de l’ambassadeur de France à Ouagadougou, Luc Hallade, et le départ de l’armée française, qui avait longtemps participé à la lutte antijihadiste. Le Burkina Faso s’est depuis lors tourné vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie, et a formé l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Niger. Une réunion des ministres des Affaires étrangères de ces quatre pays est prévue prochainement à Niamey.
Plus d'histoires
Des allégations d’agressions sexuelles secouent l’archevêché de Rabat
Au moins 22 militaires et supplétifs civils tués dans des attaques au Burkina Faso
Diplomatie Burkina Togo : une alliance aux fondements fragiles