L’administration de Donald Trump explore la possibilité d’étendre ses opérations militaires à un nouveau pays : le Mali. Selon des informations recueillies, Washington songerait à cibler le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), une faction affiliée à Al-Qaïda dont les activités se concentrent dans cette nation d’Afrique de l’Ouest. Cette initiative intervient quatre ans après le retrait des forces françaises du territoire malien, marqué par un échec stratégique.
Pour l’instant, aucune décision n’a été actée. Les discussions internes à la Maison Blanche se poursuivent, avec des positions divergentes parmi les conseillers. Sebastian Gorka, figure influente au Conseil de sécurité nationale, défend une intervention armée, tandis que d’autres responsables expriment des réserves quant à son efficacité. Si ce projet aboutissait, le Mali deviendrait le huitième pays visé par des frappes américaines depuis le début du second mandat de Donald Trump.

Interrogée sur cette hypothèse, la Maison Blanche n’a pas confirmé l’éventualité d’une campagne militaire. Un membre de l’administration a en revanche souligné l’importance de renforcer les capacités des pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest face aux groupes jihadistes, via l’acquisition d’équipements et de services américains. Il a qualifié la menace terroriste au Sahel de « problème multinational », nécessitant une réponse coordonnée.
Le JNIM s’impose aujourd’hui comme l’un des groupes armés les plus redoutables d’Afrique de l’Ouest. Son ancrage au Mali lui permet de mener des opérations dans plusieurs pays voisins, profitant du vide sécuritaire croissant au Sahel. Les experts s’accordent à dire que son influence n’a cessé de grandir ces dernières années.
Les risques d’un engagement militaire américain au Mali
Plusieurs spécialistes du Sahel mettent en garde contre les conséquences potentielles d’une intervention américaine. Corinne Dufka, analyste indépendante, met en lumière un paradoxe : « Une action ciblée contre les dirigeants du JNIM pourrait, contre toute attente, compromettre les efforts de déradicalisation et de démobilisation de l’un des réseaux djihadistes les plus structurés au monde. »
Les critiques soulignent également l’inefficacité des interventions militaires passées. La présence française, durant dix ans, puis l’engagement russe, durant cinq ans, n’ont pas permis d’endiguer la progression des groupes armés. Certains redoutent même qu’une frappe américaine ne profite indirectement à des factions rivales, comme l’État islamique au Sahel, concurrent direct du JNIM.
Autre sujet de préoccupation : une possible escalade avec les forces russes déployées au Mali. Moscou a proposé son assistance à plusieurs pays africains, dont le Burkina Faso, la Guinée et la Centrafrique, mais les résultats se révèlent souvent décevants. Un haut responsable américain a d’ailleurs commenté : « Nous espérons que les nations africaines tireront les leçons des résultats mitigés obtenus par la Russie dans la lutte antiterroriste. »
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