26 mai 2026

Burkina Voix

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Tragédie au Burkina Faso: un attentat jihadiste décime des civils à Barsalogho

Un massacre dévastateur a frappé la localité de Barsalogho, située dans la région Centre-Nord du Burkina Faso, ce samedi, entraînant la mort de plus d’une centaine de personnes, majoritairement des civils. Les victimes, engagées dans l’excavation de tranchées protectrices contre les attaques jihadistes, ont été la cible de tirs indiscriminés de la part d’hommes armés arrivés à moto. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), une organisation terroriste affiliée à Al-Qaïda, a rapidement revendiqué cette atrocité au Sahel. Il est à noter que ces civils avaient été contraints à cette tâche par le Capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2022.

Camp de déplacés internes de Barsalogho, dans la région Centre-Nord du Burkina Faso, théâtre de la tuerie perpétrée par les islamistes (image de 2020).

Bien que le bilan précis reste à confirmer, cet événement s’inscrit parmi les attaques les plus meurtrières visant des populations civiles au Burkina Faso ces dernières années. Des rapports divers évoquent entre 100 et 200 décès, en plus de 140 blessés qui ont été dirigés vers l’hôpital de Kaya, situé à environ 45 kilomètres, et d’autres établissements médicaux régionaux. Parmi les disparus figurent de nombreux Volontaires de Défense de la Patrie (VDP), une milice civile mise en place par les autorités burkinabè pour appuyer l’armée dans la lutte antiterroriste. Les assaillants ont également mis la main sur des armes et une ambulance militaire, exacerbant la crise sécuritaire.

La région Centre-Nord, où se trouve Barsalogho à 145 kilomètres de la capitale, Ouagadougou, est malheureusement un foyer constant d’attaques terroristes, d’embuscades et d’engins explosifs improvisés, perpétrés par la branche locale du JNIM, le groupe jihadiste le plus actif dans le Sahel central. Cette zone accueille également des dizaines de milliers de personnes déplacées internes, fuyant la violence grandissante dans les zones plus septentrionales du pays, notamment la région du Sahel, soulignant l’ampleur de la crise humanitaire.

Depuis son accession au pouvoir via un coup d’État en septembre 2022, le Capitaine Traoré a érigé la lutte contre les groupes jihadistes et la reprise du contrôle territorial en objectif primordial. Il a affirmé récemment consacrer « 80% de son temps à la guerre ». Malgré la présence d’une centaine d’instructeurs et mercenaires russes, leur rôle semble principalement orienté vers la protection personnelle de Traoré. Sa stratégie de « reconquête » repose davantage sur l’acquisition d’équipements, tels que des drones de combat d’origine turque, et sur l’engagement de la population civile, notamment par le biais du recrutement de volontaires. Il est également rapporté que des dizaines de citoyens ont été envoyés au front en guise de représailles pour avoir critiqué la junte militaire.

Les volontaires de défense de la patrie (VDP) face à l’insécurité

Les Volontaires de Défense de la Patrie (VDP), dont environ 30 000 éléments sont déployés en première ligne, bénéficient d’une formation militaire élémentaire. Cependant, ils sont souvent dépourvus d’armement adéquat ou de munitions pour réellement contrer les terroristes. Cette vulnérabilité les a malheureusement transformés en cibles privilégiées des groupes radicaux, comme en témoigne la récente attaque à Barsalogho. Le Projet de Données sur les Événements et les Localisations de Conflits Armés (ACLED) estime à près de 5 000 le nombre de volontaires ayant péri dans divers assauts depuis la création des VDP en 2019. En dépit de leur profond engagement patriotique, une insatisfaction croissante se manifeste au sein de leurs rangs, alors qu’ils perçoivent une modeste prime d’environ 120 euros par mois pour leur service.

Le Burkina Faso est confronté à une insurrection jihadiste persistante depuis 2015, touchant particulièrement les régions du nord, de l’est et de l’ouest. Ce conflit armé a déjà fait des milliers de victimes et contraint plus de deux millions de personnes à se déplacer à l’intérieur du pays. On estime que plus de la moitié du territoire burkinabè échappe au contrôle étatique, les forces de défense se limitant souvent aux axes routiers majeurs et aux agglomérations importantes. Les attaques jihadistes contre les militaires et les civils, incluant fréquemment les volontaires ou leurs familles, sont incessantes. Cependant, il est crucial de noter que l’armée burkinabè et les VDP sont également accusés d’actes de violence. Human Rights Watch (HRW) a dénoncé en avril dernier la mort de 223 civils, dont 56 enfants, dans deux villages du nord, imputant ces massacres aux Forces Armées et à leurs auxiliaires civils. Le gouvernement burkinabè a fermement rejeté ces allégations, mais les préoccupations concernant les droits de l’homme au Sahel demeurent vives.