Chaque année, le retour des précipitations fait renaître un schéma familier au Togo : des axes routiers inondés, des zones résidentielles noyées, des logements submergés et des ménages livrés à eux-mêmes face aux dommages. Pour une grande partie de la population, ces sinistres sont devenus une norme plutôt qu’une anomalie.
Depuis plus de soixante ans que la dynastie Gnassingbé exerce le pouvoir, une frange de la population considère qu’une réorientation politique s’impose. En dépit des multiples engagements pris au fil du temps, les difficultés quotidiennes demeurent inchangées : un taux de chômage élevé, une hausse continue du coût de la vie, une pauvreté ancrée et des opportunités restreintes, en particulier pour la jeunesse.
La venue des pluies ranime par ailleurs les reproches concernant les infrastructures. Dans nombre de quartiers, les réseaux d’évacuation des eaux restent inadaptés, les voies deviennent vite impraticables et les inondations entraînent des pertes matérielles considérables. De nombreux citoyens critiquent l’absence d’investissements pérennes dans des équipements publics susceptibles d’atténuer ces désastres cycliques.
Dans ce climat, des représentants de l’opposition et de la société civile accusent le régime de favoriser les intérêts d’une élite qui lui est proche, pendant que les difficultés économiques de la majorité s’accentuent. Selon eux, les fonds publics devraient être prioritairement alloués à l’amélioration des conditions de vie, au développement des infrastructures, à la création d’emplois et à la protection des plus vulnérables, plutôt qu’au maintien d’un système politique installé depuis des décennies.
Nombre d’observateurs redoutent que cette nouvelle saison des pluies n’offre pas le répit escompté. Elle pourrait au contraire souligner une fois de plus les lacunes des politiques publiques dans les domaines de l’urbanisme et de la prévention des risques. En l’absence de réformes substantielles et d’investissements appropriés, ce sont encore les ménages les plus modestes qui en subiront le plus lourd tribut.
Face à l’accumulation des difficultés, une fraction grandissante de l’opinion estime que le Togo nécessite un renouvellement de sa gouvernance pour mieux satisfaire les attentes sociales, économiques et environnementales de ses citoyens.
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