30 juin 2026

Burkina Voix

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Rdc : pour l’ONU, la réforme constitutionnelle exige un large consensus national

Félix Tshisekedi

Alors que le débat sur la réforme constitutionnelle divise profondément la classe politique et la société civile en République démocratique du Congo, la question a été portée sur la scène internationale ce lundi 29 juin 2026 à Genève. Lors du dialogue interactif consacré à la mise à jour de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur les droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dans le cadre de la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a pris position.

Abdoul Aziz Thioye, directeur adjoint de la Division des opérations mondiales au HCDH, s’exprimant au nom du Haut-Commissaire Volker Türk, a alerté sur le rétrécissement de l’espace civique et politique en RDC. Il a notamment évoqué les récentes manifestations de l’opposition à Kinshasa, organisées pour dénoncer toute tentative de modification de la Constitution.

« Tout processus de réforme constitutionnelle doit reposer sur un consensus national et respecter les engagements du pays en matière de droits humains. Toutes les voix doivent être entendues et prises en compte, faute de quoi la cohésion sociale pourrait en subir de graves conséquences », a déclaré Abdoul Aziz Thioye.

L’ancien chef du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a également souligné l’appui apporté par l’ONU dans la lutte contre l’impunité. Malgré des contraintes financières et une réduction des effectifs, le BCNUDH a soutenu les autorités judiciaires dans trois enquêtes sur des violations graves et cinq audiences foraines, aboutissant à la condamnation de 109 personnes. Par ailleurs, 150 défenseurs des droits humains, journalistes et membres de leurs familles ont bénéficié d’un accompagnement psychologique, juridique, d’une aide financière ou de mesures de relocalisation.

Sur le plan intérieur, le débat constitutionnel a donné naissance à deux dynamiques : la Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64) s’oppose à tout changement, tandis que la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4) milite pour une révision. Chacune revendique le soutien de la population.

Ce débat se déroule dans un contexte sécuritaire toujours tendu à l’Est du pays, marqué par l’activisme des groupes armés locaux et étrangers, notamment la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, qui contrôle de vastes zones au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ainsi que par la présence des ADF. Les initiatives diplomatiques peinent à produire des résultats concrets sur le terrain.