26 mai 2026

Burkina Voix

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Rupture au sommet de l’État au Sénégal : Bassirou Diomaye Faye écarte Ousmane Sonko

Le Sénégal traverse une zone de fortes turbulences politiques suite à la décision radicale du président Bassirou Diomaye Faye. Vendredi, le chef de l’État a officiellement mis fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko. Ce divorce marque l’effondrement d’un tandem qui avait pourtant suscité un immense espoir de renouveau démocratique lors de son accession au pouvoir.

Élu dès le premier tour en mars 2024 avec un score de 54 %, Bassirou Diomaye Faye devait une grande partie de son succès à l’aura d’Ousmane Sonko. Ce dernier, leader emblématique du Pastef, n’avait pu se présenter lui-même au scrutin présidentiel en raison d’une condamnation pour diffamation le frappant d’inéligibilité. Il avait alors désigné son adjoint comme le visage du changement.

Pendant la campagne, l’unité entre les deux hommes semblait insécable, portée par le slogan populaire « Diomaye moy Sonko, Sonko doy Diomaye ». Leur libération de prison, survenue seulement dix jours avant le vote, avait déclenché une vague d’enthousiasme à travers le Sénégal. Les citoyens voyaient en eux la promesse d’une rupture définitive avec les pratiques du passé et la corruption systémique.

Cependant, l’exercice du pouvoir a rapidement révélé des fissures. L’influence prédominante du Premier ministre a fini par faire de l’ombre au président. Cette lutte d’influence, exacerbée par les ambitions pour l’élection présidentielle de 2029, a considérablement ralenti la mise en œuvre du programme de réformes. Les deux dirigeants s’opposaient notamment sur la stratégie à adopter face à la dette publique colossale du pays, qui culmine à 132 % du PIB, plaçant le Sénégal parmi les nations les plus endettées de la région.

Un avenir incertain et une majorité parlementaire en jeu

L’éviction d’Ousmane Sonko plonge le pays dans une situation inédite. Malgré son départ du gouvernement, il conserve la présidence du Pastef, formation qui domine largement l’Assemblée nationale avec 130 députés sur 165. Sans le soutien de ce bloc parlementaire, la capacité d’action de Bassirou Diomaye Faye s’annonce extrêmement limitée.

Le désormais ex-Premier ministre garde une assise populaire très forte, particulièrement auprès de la jeunesse sénégalaise. Son discours axé sur la souveraineté nationale et la redéfinition des relations internationales continue de résonner. Pour ses partisans, il incarne une vision de l’État débarrassée des vieux démons de la politique africaine, tout en prônant un dialogue renouvelé et équilibré avec les partenaires extérieurs, loin des logiques de corruption.