26 mai 2026

Burkina Voix

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Fin de l’ère Orano au Niger : Niamey lance la société nationale TSUMCO sa pour l’uranium

Le gouvernement du Niger a franchi une étape historique dans la reprise en main de ses richesses souterraines. Lors d’un récent Conseil des ministres présidé par Abdourahamane Tiani, les autorités ont entériné la création de la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette nouvelle société d’État est désormais chargée de l’exploitation des gisements d’uranium, remplaçant de fait la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR) et scellant l’éviction définitive du groupe français Orano Mining de la zone d’Arlit.

Un symbole de protection environnementale et de mémoire

Le choix du nom « Teloua » pour cette nouvelle structure n’est pas anodin. Il fait référence à une nappe aquifère vitale située dans la région d’Arlit, autrefois exploitée par la COMINAK sous l’égide d’Orano. Pour les autorités nigériennes, cette appellation incarne un « devoir de mémoire » face aux dommages écologiques constatés. Le gouvernement dénonce des conséquences préoccupantes sur les sols et les ressources en eau de l’écosystème saharien, affirmant sa détermination à tenir les exploitants précédents responsables de ces impacts environnementaux.

Les motifs juridiques et financiers de la rupture

Au-delà de la dimension symbolique, le divorce repose sur des bases réglementaires strictes. Depuis une ordonnance d’août 2024, le Niger impose une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par kilomètre carré pour les périmètres non exploités. Selon les autorités de Niamey, Orano Mining n’aurait pas honoré ces paiements malgré une mise en demeure envoyée en septembre 2025. Ce manquement a servi de levier juridique pour l’annulation de la concession, l’État soulignant que la multinationale reste débitrice de ses obligations fiscales.

Tensions et blocages sur le marché international

La transition ne se fait pas sans heurts. Le ministre des Mines, Ousmane Abarchi, pointe du doigt ce qu’il qualifie de « quasi-harcèlement judiciaire » de la part du groupe français. Depuis la nationalisation de la Somaïr en juin 2025, Orano a multiplié les recours légaux, une stratégie perçue à Niamey comme une tentative délibérée de paralyser les exportations d’uranium nigérien vers l’étranger. Ce bras de fer s’inscrit dans une reconfiguration plus large des relations stratégiques du pays, marquée par une volonté de souveraineté économique accrue.