26 mai 2026

Burkina Voix

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Ousmane Sonko s’indigne de la gestion du patrimoine public et interpelle la justice sénégalaise

Lors d’un récent Conseil interministériel, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a exprimé une vive exaspération face aux conclusions d’un audit sur le patrimoine et les infrastructures publiques. Le chef du gouvernement n’a pas mâché ses mots pour qualifier la gestion de l’administration précédente sous Macky Sall, évoquant des pratiques qui dépassent l’entendement.

Ousmane Sonko sur la reddition des comptes : «Parfois, j’ai des doutes. Je me demande si…»

Un inventaire alarmant des chantiers à l’arrêt

Le bilan présenté par la Primature révèle une situation critique : 245 projets d’infrastructures et actifs stratégiques se trouvent actuellement dans l’impasse, inachevés ou largement sous-utilisés. L’enjeu financier est colossal, puisque le montant total est estimé à plus de 5 000 milliards de FCFA, une somme comparable au budget annuel de l’État sénégalais. Ousmane Sonko a fustigé ce qu’il considère comme un « gaspillage pur et simple », notant que certains assimilent ce montant à l’ampleur de la dette publique nationale.

La paralysie touche également les chantiers en cours : sur 94 projets actifs, 62 sont quasiment à l’arrêt, engloutissant déjà plus de 5 227 milliards de FCFA. Le cas emblématique du lycée de Sandiara, dont la construction a débuté en 2014 et n’est toujours pas terminée, a suscité l’indignation du Premier ministre. Pour lui, mettre douze ans pour bâtir un établissement scolaire constitue une aberration inacceptable.

Les doutes de Sonko face à l’appareil judiciaire

Au-delà des chiffres, c’est la question de la reddition des comptes qui préoccupe Ousmane Sonko. Ce dernier a pointé du doigt les résistances au sein de l’appareil judiciaire, qu’il soupçonne de protéger les dignitaires de l’ancien régime impliqués dans des détournements de fonds publics.

« Moi, parfois, j’ai des doutes. Je me demande si ça vaut la peine de continuer », a-t-il confié, déplorant un système qui semble rester intact malgré les alternances. Évoquant de possibles « sabotages judiciaires » de la part de certains magistrats, il a rappelé avec fermeté que les dossiers judiciaires appartiennent au peuple et non aux juges. Le chef du gouvernement a d’ores et déjà prévenu qu’il pourrait hausser le ton dans les semaines à venir pour exiger que justice soit faite.