Une nouvelle interpellation au sein de la société civile nigérienne
L’espace civique au Niger connaît une nouvelle secousse avec l’incarcération de Nassirou Bodo. Ce dernier a été transféré à la maison d’arrêt de Niamey après avoir été présenté devant le parquet. Cette décision fait suite à une période de garde à vue dans les locaux de la police, marquant une étape supplémentaire dans la surveillance des voix critiques à l’égard des autorités actuelles.
Selon les informations recueillies, le militant est poursuivi pour des motifs liés à la « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ». Cette arrestation a été confirmée par d’autres figures engagées de la société civile, à l’instar de Kaka Touda, bien que les détails précis entourant la procédure judiciaire restent limités.
Un appel à la protestation sociale
À l’origine de ces ennuis judiciaires se trouverait une publication partagée sur les réseaux sociaux. Nassirou Bodo y exhortait les citoyens du Niger à manifester leur désapprobation face à ce qu’il qualifie de « violence sociale » exercée par l’appareil étatique. Il préconisait des actions de contestation sur une période d’un an, débutant le 1er juin.
Parmi les griefs formulés par l’activiste figurent l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays, mais aussi les opérations de déguerpissement menées aux abords de l’aéroport de Niamey. Ces démolitions, initiées après une attaque revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS) en début d’année, sont justifiées par le pouvoir comme une mesure nécessaire pour contrer les menaces terroristes et sécuriser la capitale.
Un climat de pression sur les voix dissidentes
Depuis le changement de régime en juillet 2023, le Niger fait face à une recrudescence des interpellations visant les acteurs médiatiques et les membres de la société civile. Plusieurs personnalités ont été emprisonnées sous divers chefs d’accusation, allant de la diffamation à l’atteinte à la sûreté de l’État.
Le bilan est lourd : au cours de l’année 2025, treize professionnels des médias ont été privés de liberté. Si certains ont pu retrouver la liberté récemment, cinq autres demeurent derrière les barreaux. Le cas de Moussa Tchangari, figure emblématique de la lutte citoyenne détenue depuis la fin de l’année 2024 pour « apologie du terrorisme », illustre la fermeté des autorités face à toute forme de contestation dans un pays confronté aux menaces constantes d’Al-Qaïda et de l’organisation État islamique.
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