1 juillet 2026

Burkina Voix

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Mbaye Dione : opposants et non ennemis, un message à Ousmane Sonko

Un message politique depuis l’hémicycle

Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, Mbaye Dione ne s’est pas contenté d’aborder les questions économiques liées au FMI, à la dette ou aux fonds de dotation des collectivités. Dans la dernière partie de son discours, le député a élargi son propos à la situation politique nationale et aux relations entre pouvoir et opposition.

S’adressant au président de l’Assemblée, il a demandé que son message soit transmis à Ousmane Sonko. Un message solennel, dans un contexte marqué selon lui par une tension politique inhabituelle.

« Nous ne sommes pas ses ennemis »

La phrase forte de son intervention restera : « Nous ne sommes pas ses ennemis. Nous sommes ses opposants. »

Avec cette déclaration, Mbaye Dione a voulu établir une distinction claire entre opposition politique et hostilité personnelle. Pour lui, s’opposer à un gouvernement, à une majorité ou à une orientation politique ne signifie pas être contre le pays, encore moins être l’ennemi de ceux qui gouvernent.

Le député a rappelé que l’opposition sénégalaise revendique une posture républicaine. Elle entend, selon ses mots, jouer pleinement son rôle dans le débat démocratique, en accompagnant le gouvernement lorsque nécessaire, mais aussi en s’opposant quand elle le juge utile.

Un rappel au parcours d’opposant d’Ousmane Sonko

Mbaye Dione a aussi convoqué le passé politique d’Ousmane Sonko pour appuyer son propos. Il a rappelé que ce dernier a lui-même été une figure de l’opposition et qu’il a utilisé les tribunes institutionnelles pour exprimer ses désaccords.

Selon le député, Ousmane Sonko doit donc accepter, à son tour, que des responsables politiques ne partagent pas ses positions. Il estime que la contradiction fait partie du fonctionnement normal d’une démocratie.

Pour Mbaye Dione, celui qui s’est opposé hier doit pouvoir accepter l’opposition aujourd’hui. Il a ainsi appelé à une forme de cohérence politique dans la manière de traiter les adversaires.

L’Assemblée nationale : un lieu de débat, pas de règlement de comptes

Dans son intervention, Mbaye Dione a aussi insisté sur la place de l’Assemblée nationale dans l’équilibre institutionnel. Il a rappelé que cette institution occupe un rang important dans la République et qu’elle doit rester un espace de débat, de contrôle et de responsabilité.

Le député a mis en garde contre toute tentative de transformer l’hémicycle en lieu de confrontation personnelle ou de règlement de comptes politiques. À ses yeux, l’Assemblée nationale doit servir le pays, non devenir le théâtre d’affrontements entre camps.

Cette mise en garde traduit une préoccupation plus large : préserver la dignité du Parlement et la qualité du débat démocratique.

Une opposition responsable et républicaine

Mbaye Dione a présenté l’opposition comme une force responsable, attachée aux principes républicains. Il a indiqué que les députés de l’opposition ne sont pas dans une logique d’obstruction systématique, mais dans une démarche de vigilance.

« Nous allons agir comme des républicains responsables, des opposants courageux », a-t-il déclaré en substance.

À travers ces mots, le député veut défendre une opposition capable de soutenir les bonnes décisions, tout en contestant fermement celles qu’elle juge contraires à l’intérêt national.

Un appel à l’apaisement

Au-delà de l’interpellation adressée à Ousmane Sonko, la sortie de Mbaye Dione sonne comme un appel à l’apaisement dans les relations entre pouvoir et opposition. Le parlementaire invite les nouvelles autorités à reconnaître la légitimité de la contradiction politique.

Son message repose sur une idée simple : dans une démocratie, gouverner ne signifie pas réduire l’opposition au silence, et s’opposer ne signifie pas travailler contre le pays.

En rappelant que les opposants ne sont pas des ennemis, Mbaye Dione tente ainsi de replacer le débat politique sur le terrain institutionnel et républicain.