15 juillet 2026

Burkina Voix

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Macky Sall de retour à Dakar pour un entretien stratégique avec Diomaye Faye

Un événement politique majeur se profile à Dakar avec le retour, même bref, de Macky Sall. Cette visite marque une étape sans précédent dans le paysage politique sénégalais depuis le transfert de pouvoir en avril 2024. L’ex-chef de l’État a lui-même confirmé, via ses plateformes numériques le mardi 14 juillet 2026, qu’il rejoindrait la capitale ce vendredi 17 juillet pour un entretien avec le président Bassirou Diomaye Faye. Bien que son séjour soit annoncé comme court, l’enjeu politique de cette rencontre transcende largement le cadre d’une simple courtoisie.

Au centre des discussions attendues se trouve l’ambition de Macky Sall de briguer le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’ancien président, qui a observé une période de retrait discret depuis la fin de son mandat, cherche à obtenir un soutien institutionnel de la part de Dakar, un appui jugé indispensable pour donner une réelle crédibilité à sa démarche sur la scène multilatérale. Sans ce soutien étatique, toute candidature sérieuse au Palais de verre serait compromise.

Le feu vert de Dakar : clé de voûte pour une candidature onusienne

Les règles diplomatiques régissant la sélection du secrétaire général des Nations unies sont rigoureuses. Aucun candidat ne peut espérer progresser sans l’approbation formelle de son pays d’origine, une condition préalable à toute négociation ultérieure au Conseil de sécurité. Pour Macky Sall, l’obtention d’un signal favorable de Bassirou Diomaye Faye représente donc la première étape cruciale d’un parcours qui, s’il se concrétise, nécessitera plusieurs mois de tractations intenses à New York.

Le calendrier joue également un rôle déterminant. Le mandat d’António Guterres, l’actuel secrétaire général, se terminera fin 2026. Le principe informel de rotation géographique, qui guide les désignations, pourrait cette fois-ci favoriser un représentant africain, le continent n’ayant pas occupé cette fonction depuis Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan. Le Sénégal se trouve ainsi face à une opportunité historique, à condition que les autorités en place acceptent d’appuyer la candidature d’un prédécesseur avec lequel elles entretiennent des divergences politiques.

Une rencontre aux multiples implications politiques

La dynamique entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye demeure profondément influencée par le contexte de l’alternance politique. L’actuel chef de l’État, dont l’accession au pouvoir a été marquée par une campagne menée en partie depuis la prison, incarne une rupture significative avec l’héritage de son prédécesseur. Depuis son investiture, plusieurs audits de gestion et procédures judiciaires ciblant d’anciens hauts responsables du régime Sall ont contribué à maintenir un climat de tension persistant entre les deux sphères politiques.

Dans ce contexte particulier, l’entretien du 17 juillet va bien au-delà de la seule question onusienne. Il abordera, de manière implicite, le positionnement de l’ancien président dans la vie politique nationale, les éventuelles garanties concernant son entourage, et l’orientation diplomatique du Sénégal à l’approche d’échéances multilatérales décisives. La brièveté annoncée du séjour laisse envisager que les deux dirigeants privilégient un cadrage précis du dossier principal, sans s’engager dans un dialogue politique plus vaste.

Un enjeu diplomatique majeur pour le Sénégal

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette démarche représente un arbitrage complexe. Appuyer la candidature de Macky Sall conférerait à son prédécesseur une stature diplomatique accrue, tout en offrant au Sénégal une position stratégique sur la scène internationale. À l’inverse, un refus ou une temporisation compromettrait sérieusement les ambitions de l’ancien président et exposerait Dakar à d’éventuelles critiques, tant de la part de ses partenaires africains que d’une partie de l’opinion sénégalaise soucieuse du rayonnement du pays.

Le Sénégal met également en jeu une part de sa crédibilité auprès de l’Union africaine, dont le soutien collectif à un candidat unique est essentiel pour peser au Conseil de sécurité. Aucune déclaration officielle de la présidence sénégalaise n’a filtré à ce stade concernant la démarche de Macky Sall, l’exécutif optant visiblement pour une communication prudente avant la tenue de l’entrevue.

Ce rendez-vous du 17 juillet constituera, quelle que soit son issue finale, la première interaction publique entre les deux hommes depuis la transition d’avril 2024. Il pourrait potentiellement ouvrir une nouvelle phase de normalisation politique, indispensable au pays alors que les réformes économiques et institutionnelles portées par le tandem Faye-Sonko requièrent un environnement apaisé.