15 juillet 2026

Burkina Voix

Média burkinabè indépendant qui donne la parole aux citoyens : actualités politiques, sécuritaires et économiques du Faso.

Lomé : rencontre historique entre faure gnassingbé et l’envoyé spécial de tshisekedi sur la crise de la rdc

Lomé : rencontre historique entre Faure Gnassingbé et l’envoyé spécial de Tshisekedi sur la crise de la RDC

Dans un élan de diplomatie régionale, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo et médiateur désigné par l’Union africaine pour la résolution de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a reçu ce mardi 14 juillet 2026 à Pya, dans la préfecture de la Kozah, Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale.

Cette rencontre s’inscrit dans une série d’initiatives diplomatiques visant à apaiser les tensions persistantes dans l’Est de la RDC, une région en proie à des conflits armés depuis plus de trois décennies. Les échanges ont porté sur deux axes majeurs : le renforcement des relations bilatérales entre le Togo et la RDC, ainsi que l’analyse approfondie de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs.

Une mission diplomatique aux enjeux cruciaux

Selon les informations relayées par la présidence togolaise, Floribert Anzuluni a exprimé sa gratitude envers le médiateur africain pour son engagement personnel dans la recherche d’une solution durable au conflit qui secoue la région. Faure Gnassingbé, en sa qualité de médiateur principal de l’Union africaine, poursuit activement les consultations avec les différentes parties prenantes afin de favoriser un règlement pacifique et durable des tensions.

« Monsieur Floribert Anzuluni a salué l’implication personnelle du président Faure Gnassingbé dans la résolution de la crise qui affecte l’Est de la RDC. Son rôle de médiateur désigné par l’Union africaine est plus que jamais crucial pour aboutir à une paix durable dans la région des Grands Lacs », a déclaré la présidence togolaise.

Avant son étape à Lomé, l’émissaire congolais s’était rendu en Ouganda pour transmettre un message du président Félix Tshisekedi à son homologue ougandais, Yoweri Museveni. Ces déplacements interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités dans l’Est de la RDC, où la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, continue son offensive contre les forces gouvernementales.

Un conflit aux ramifications complexes

Le mouvement rebelle, qui contrôle désormais de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, consolide méthodiquement ses positions sur le terrain. Malgré les initiatives diplomatiques engagées, notamment à Washington et à Doha, la recherche d’un règlement durable du conflit reste un défi majeur. Parallèlement, des débats politiques internes agitent la RDC, notamment autour d’un éventuel projet de révision ou de modification de la Constitution, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi.

Ces rencontres diplomatiques s’inscrivent dans une période d’intense concertation régionale. Kinshasa et Luanda entretiennent des échanges réguliers, tant sur les questions bilatérales que sur les enjeux de paix et de sécurité dans la région des Grands Lacs. Elles font suite aux consultations menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, avec les principales confessions religieuses de la RDC ainsi qu’avec un groupe de leaders de l’opposition politique congolaise.

Une mobilisation régionale sans précédent

Parmi les autres initiatives diplomatiques récentes, on note le déplacement de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour des échanges avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette visite faisait suite à la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Peu après, Denis Sassou Nguesso a poursuivi ses consultations en recevant notamment le cardinal Fridolin Ambongo pour discuter de la situation politique et institutionnelle en RDC.

L’arrivée de l’émissaire congolais à Lomé intervient quelques semaines après la session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 dans la capitale togolaise, à l’initiative de Faure Gnassingbé. Au cours de ces assises, le président togolais avait insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de médiation engagés dans le processus de paix en RDC.

Faure Gnassingbé avait alors souligné l’importance d’une mobilisation collective et soutenue en faveur de la stabilité, de la paix et de la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour le médiateur de l’Union africaine, seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les acquis enregistrés et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Un héritage diplomatique en construction

Cette session d’évaluation faisait suite à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé. Initiées par Faure Essozimna Gnassingbé, ces réunions visent à renforcer la confiance entre les parties, faire progresser le dialogue et veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.

L’initiative, qui avait réuni un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que plusieurs partenaires internationaux, s’inscrivait dans la continuité des efforts diplomatiques déployés ces derniers mois pour stabiliser l’Est de la RDC.

Cette mobilisation régionale s’articule autour d’une conviction partagée : seule une action unie des acteurs africains et internationaux peut permettre de transformer les défis sécuritaires en opportunités de paix durable.

Faure Essozimna Gnassingbé et Floribert Anzuluni lors de leur rencontre à Lomé