11 juin 2026

Burkina Voix

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Lutte contre le terrorisme au Mali : des récompenses financières pour la capture des chefs rebelles et djihadistes

Face à l’aggravation de la menace sécuritaire, les autorités de transition au Mali ont décidé de frapper fort en ciblant directement les têtes pensantes de l’insurrection. Le gouvernement a officiellement annoncé la mise à prix de plusieurs hauts responsables du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et du FLA (Front de libération de l’Azawad), marquant une nouvelle étape dans la stratégie de défense nationale.

Iyad Ag Ghaly : l’homme le plus recherché du Sahel

Au cœur de cette traque se trouve Iyad Ag Ghaly, ancien diplomate malien et figure historique de la rébellion touarègue, devenu le leader incontesté du JNIM depuis sa création en 2017. Son profil est celui d’un fugitif international de premier plan : sous sanctions de l’ONU, il figure sur la liste noire des terroristes établie par les États-Unis. De plus, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt à son encontre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Une riposte après les offensives sanglantes d’avril

Cette décision des autorités de Bamako intervient dans un climat de tension extrême, suite aux attaques coordonnées des 25 et 26 avril derniers. Ces opérations d’envergure, menées par une alliance entre les combattants du JNIM et les rebelles à dominante touarègue du FLA, ont frappé des positions stratégiques à travers le pays. Ces violences ont notamment causé la perte de Sadio Camara, ministre de la Défense âgé de 47 ans et pilier du régime actuel, qui a succombé lors d’un attentat-suicide.

Des millions d’euros pour neutraliser les leaders insurgés

Dans un communiqué officiel diffusé sur la télévision nationale, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a dévoilé les noms de six autres cibles prioritaires. Parmi elles, Amadou Kouffa, figure majeure du JNIM, dont la capture ou la neutralisation est désormais assortie d’une récompense de 2,2 millions d’euros. Les dirigeants du FLA, Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Cherif, sont également activement recherchés.

Le gouvernement sollicite la collaboration de la population en offrant des primes financières à toute personne capable de fournir des informations « fiables, pertinentes et exploitables ». Ces individus sont accusés d’implication directe dans la planification et l’exécution d’actes terroristes ayant gravement porté atteinte à la sécurité nationale ainsi qu’aux populations civiles.

Depuis 2012, le Mali traverse une crise multidimensionnelle profonde, alimentée par les actions violentes du JNIM, de l’organisation État islamique (EI) et de divers groupes armés communautaires, déstabilisant durablement la région.