11 mai 2026

L’industrialisation en Côte d’Ivoire : clé de la croissance économique future

L’industrialisation en Côte d’Ivoire : un levier incontournable pour booster l’économie ivoirienne

Lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau, le directeur Région UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, Paul-Harry Aithnard, a souligné l’urgence pour la Côte d’Ivoire d’accélérer son processus d’industrialisation. Cette démarche, selon lui, représente une étape indispensable pour propulser le pays vers un statut de nation émergente, à l’image de la Malaisie.

Pourquoi l’industrialisation est-elle cruciale pour la Côte d’Ivoire ?

Paul-Harry Aithnard a partagé des données comparatives révélatrices : le PIB actuel de la Côte d’Ivoire s’élève à 100 milliards de dollars, un niveau identique à celui de la Malaisie il y a un quart de siècle. Pourtant, en 25 ans, la Malaisie a quadruplé son PIB pour dépasser les 400 milliards de dollars. Pour l’expert, ce contraste met en lumière le potentiel inexploité de la Côte d’Ivoire si elle s’engage résolument dans l’industrialisation.

Les piliers stratégiques pour réussir cette transition

Pour atteindre cet objectif ambitieux, Paul-Harry Aithnard propose une approche en trois axes principaux :

  • L’inclusion financière : Développer l’accès aux services bancaires et financiers pour permettre aux populations de stocker, investir et se financer. Cela passe par la démocratisation des comptes bancaires et des solutions d’épargne adaptées.
  • La digitalisation : Mettre l’accent sur les technologies innovantes pour optimiser la productivité et réduire les coûts opérationnels. L’adoption massive des outils digitaux est un accélérateur clé pour l’industrialisation.
  • Le financement des infrastructures : Le secteur privé, notamment bancaire, doit jouer un rôle actif en soutenant les grands projets d’infrastructures. Ecobank Côte d’Ivoire a d’ailleurs fait de ce soutien une priorité stratégique.

Le rôle déterminant de l’État et des acteurs privés

La réussite de l’industrialisation en Côte d’Ivoire repose sur une collaboration étroite entre les secteurs public et privé. D’après Paul-Harry Aithnard :

  • L’État doit renforcer l’accès à l’électricité, une condition sine qua non pour une industrialisation durable. La production énergétique ivoirienne a déjà connu une hausse remarquable ces dernières années, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires.
  • Le système éducatif doit être repensé pour former des talents dans les domaines scientifiques, technologiques et managériaux. Ces compétences sont essentielles pour soutenir une économie industrielle compétitive.
  • Le secteur privé, en particulier les banques, doit accompagner cette transformation en finançant des projets structurants et en soutenant l’innovation.

Un exemple inspirant : la croissance de la Malaisie

Le cas de la Malaisie illustre parfaitement les bénéfices d’une industrialisation réussie. En misant sur des secteurs clés comme l’électronique, les services financiers et les infrastructures, ce pays a transformé son économie en quelques décennies. La Côte d’Ivoire, avec ses atouts naturels et humains, peut s’inspirer de cette trajectoire pour décupler sa croissance d’ici 2050.

En conclusion, l’industrialisation n’est pas une option pour la Côte d’Ivoire, mais une nécessité stratégique. Avec une vision claire, une collaboration renforcée entre acteurs publics et privés, et une adoption massive des technologies, le pays a toutes les cartes en main pour rejoindre le cercle des nations émergentes.

Les prochaines années seront déterminantes pour concrétiser cette ambition et faire de la Côte d’Ivoire un modèle de développement industriel en Afrique.